Lot n° 436

Henri TOMASI (1901-1971). Deux manuscrits musicaux autographes signés, Ballade pour saxo-alto et orchestre, 1938 ;

Estimation : 1 200 / 1 500
Adjudication : 3 000 €
Description
un fort cahier broché de [1]-79 pages in-fol. en 3 cahiers cousus sous couverture de papier fort brun, et un cahier de [1]-23 pages in-fol.

Partition d’orchestre de cette Ballade pour saxophone et orchestre, avec sa version pour saxophone et piano.
Composée en 1938, la Ballade fut créee à Nantes le 25 mars 1939 par son dédicataire, le grand saxophoniste Marcel Mule (1901-2001), sous la direction de Marc Vaubourgoin. Elle comporte trois mouvements, et s’inspire librement d’un poème de Suzanne Malard : « Sur un vieux thème anglais, long, maigre et flegmatique / Comme lui, / Un clown raconte son histoire spleenétique »… Henri Tomasi a rédigé cette notice sur son œuvre : « Si le clown est représenté par le mélancolique “thème anglais” de l’introduction, son spleen s’exprime, au saxophone, par une tendre et lyrique mélodie suivie d’une brève digression de caractère tourmenté conduisant au nostalgique retour du thème initial. Puis, soudainement, le soliste entame une danse vive, de type “écossais”, se livrant à des gambades effrenées, interrompues ça et là par de chaleureuses bouffées mélodiques. Les deux maîtres-mots du poème – joie et douleur – constituent en fait l’élément déterminant de la démarche du compositeur, et en organisent le conflictuel contraste, moteur même de l’action. Le désespoir du clown s’exprimera encore en un blues dont le lourd dramatisme est accentué par l’implacable scansion des timbales. Mais ce “désespoir qui tombe à pic” se transmue en une reprise débridée de la danse écossaise, conduisant à une affolante coda. »

Le manuscrit de la partition d’orchestre, signé et daté en fin « Bastia 15 7bre 1938 », est écrit à l’encre noire sur papier à 30 lignes ; il présente des ratures et corrections, notamment par grattage, avec, à plusieurs endroits, la partie du saxophone biffée et réécrite. Il a servi de conducteur et porte de nombreuses indications aux crayons bleu ou rouge ; il a servi aussi pour la gravure de l’édition de la partition en 1938 chez Alphonse Leduc (cachets encre). Outre la partie soliste de saxophone alto, l’orchestre comprend 2 flûtes (et piccolo), 2 hautbois (et cor anglais), 2 clarinettes, 2 bassons, 2 cors, 2 trompettes, 2 trombones, timbales, batterie, célesta, harpes, et les cordes. Il comprend trois mouvements qui s’enchaînent : Andantino (p. 1-14, avec note pour le premier thème : « d’après un thème populaire anglais »), Tempo de Gigue (p. 14-40), et Tempo de blues (p. 40-79). La page de titre porte la dédicace : « à Marcel Mule ».

Le manuscrit de la version pour saxophone et piano, avec le titre au crayon bleu Ballade pour saxo et orchestre ou piano, est écrit à l’encre noire sur papier à 20 lignes ; il a servi d’abord de particelle au crayon (parfois encore visible), et a été mis au net à l’encre après la version orchestrale. Il présente cependant quelques corrections par grattage. Il a servi pour la gravure de l’édition chez Alphonse Leduc en 1939. Andantino (p. 1-4), T° di Gigue (p. 5-14), T° di blues (p. 15-23).

On joint
•l’épreuve des premières pages de la partition d’orchestre et de la partie de saxophone avec le bon à tirer.{CR} Discographie : Théodore Kerkezos, London Philharmonic Orchestra, dir. Roberto Minczuk (Naxos 2004).{CR}
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