Lot n° 307

GAILLIARD, Jean-Jacques.- " Diarium. Le menteur divin".

Estimation : 400 / 500
Adjudication : Invendu
Description
[80] ff. in-f°, num. 1 à 46, écrit le plus souvent sur le recto + une 50aine de ff. et doc. divers. Texte de "Jean Jacques Gailliard. Peintre bruxellois. 5ième brouillon", comme indiqué au verso du titre avec mention "couverture verso". Précédé d'une "Introduction. Préhistoire. où les racines de mon arbre généalogique trouvent naissance au Château Gailliard, en Normandie, sous le règne du Roi Dagobert" (5 ff.), le manuscrit est consacré à la jeunesse de Gailliard, évoluant dans un milieu bohème, sous l'influence d'un père artiste fantasque amoureux des arts, et révèle son amour joyeux de la vie : "Dès ma naissance, mon nom souligne ma vocation : GAI-ART, je n'ai qu'à m'en réjouir, à vivre ma vie, à la peindre" (p. 7). Écrit dans un style bariolé et plaisant, il s'agit d'une suite d'anecdotes sur son éducation, ses parents l'entraînant dans toutes sortes d'activités culturelles ou sociales, mais aussi de l'impressionnante liste des personnalités croisées dans l'immeuble du 41 rue Royale ou dans son voisinage, véritable repère d'artistes et d'écrivains, vivier de l'effervescence intellectuelle qui animait ce coin de Bruxelles. La liste de ces personnes est longue et variée, mêlant ragots et souvenirs : Kistemaeckers, Franz Courtens, Evenepoel, Amédée Lynen, Henri de Groux, Camille Lemonnier, Georges Eeckhoudt, Verhaeren, Apol, Tytgat, Fierens-Gevaert, Èmile Fabry, Jehan Rictus, Caran d'Ache, Eugène Grasset, Whistler, de Smet de Naeyer, de Broquevile, Janson, Woeste, Vandervelde, Destrée, Rodolphe Salis du "Chat noir", Sarah Bernhardt, Auguste Renoir, Isadora Duncan, la baronne Vaugha, le futur galeriste Giroux, Edmond Picard et la "Maison d'art"... La musique est souvent évoquée, lui qui voulait devenir pianiste, avec Debussy, Charles Hallé, César Thomson... Il conte aussi l'initiation à la peinture par son père qui le force à passer d'abord par le dessin afin de maîtriser la patience et ce qui se cache sous la couleur. Les ff. 20-37 sont consacrés aux souvenirs d'école et d'études (sa vocation de pianiste avec son professeur Józef Wieniawski, l'Académie avec Fabry, van Strydonck puis Delville comme professeurs). Il relate aussi quelques événements curieux comme cet "attentat contre Édouard VII par l'anarchiste Rubini, commis en face de la Banque de Bruxelles, installée alors en face du Parc, le 23 novembre 1902". Les ff. 28-35 sont consacrés à "Mon vieux Bruxelles" ainsi titrés à cause de la disparition de vieux quartiers du centre due à la fameuse Jonction ("[...] j'aspirais à devenir un mémorialiste des rues de Bruxelles [...] A 15 ans, je dessinais tout le temps, je "croquais" et reproduisant d'un crayon bien taillé [...] les façades des rues [...] jusqu'aux inscriptions qui s'y trouvaient [...] suivant mon faible pour les textes. Les annotations relatives aux couleurs, aux ombres, complétaient ces ébauches". S'ensuivent la description des cafés, de personnages hauts en couleur comme le chansonnier marollien Coco-Lulu et des références à ses tableaux sur ce thème.
Manuscrit accompagné de notes personnelles de lectures (+/- 25 ff.), qqs brouillons de texte ou notes diverses (+/- 15 ff.), d'un texte sur Gailliard écrit par lui (9 ff.) et de 2 croquis au bic (1 f.).
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