Lot n° 391

QUIBERON. DUROY de CHAUMAREYS (Hugues). (1763-1841) officier de marine rendu tristement célèbre comme commandant de La Méduse ; lors de son naufrage en 1816, il fut reconnu coupable de l’échouement de la frégate et de l’abandon du radeau....

Estimation : 400 / 500
Adjudication : 1 098 €
Description
Manuscrit (incomplet du début), [1795] ; cahier de 46 pages petit in-4 (16 x 20 cm) écrit par deux mains successives (p. 1-6, et p. 7-46), avec ratures et corrections (qqs petites déchirures, qqs ff. détachés du cahier).
Récit de son arrestation après le débarquement de Quiberon, de son séjour en prison et de son évasion du fort de Vannes, publié peu après son arrivée en Angleterre sous ce titre : Rélation de M. de Chaumereix, officier de marine échappé aux massacres d’Aurai et de Vannes. Suivie de quelques observations sur l’esprit public en Bretagne. Ce texte fut imprimé à Londres par T. Baylis et se vendait chez les libraires londoniens J. de Boffe, Debrett et Boosey. Le manuscrit ne comprend pas l’introduction et commence à la 2e page du chapitre I intitulé Prise du Fort – Capitulation, etc. [p. 6 de la brochure anglaise] ; il s’arrête au chapitre VII [Mon arrivée à l’escadre anglaise] et ne comprend donc pas non plus les Observations générales (p. 44-49 de la brochure). Il est ainsi divisé : [Chapitre I : Prise du fort – Capitulation, etc.] (p. 1-6) Chapitre 2 : Arrivée et séjour à Auray (7-14) Chapitre 3 : Exécution de l’Evêque de Dol et de M. Sombreuil (14-19) Chapitre 4 : (19-26) Chapitre 5 : Mon interrogatoire (26-35) Chapitre 6 : Mon séjour à la prison de Vannes et mon évasion (36-42) Chapitre 7 : Mon arrivée à l’escadre anglaise (42-46). On relèvera un certain nombre de petites variantes entre ce manuscrit et l’imprimé : orthographe des noms propres, formulations ou ordre des mots différents, normalisation de la ponctuation (très défaillante dans le cahier), etc. Dans sa brochure, Duroy de Chaumareys relate le fiasco de l’expédition royaliste de Quiberon, la capitulation du jeune comte de Sombreuil, la promesse du général Hoche d’épargner la vie des royalistes qui rendraient les armes et la trahison de cette promesse (748 prisonniers fusillés dont 627 émigrés ou ecclésiastiques et 121 Chouans), ses retrouvailles avec un ami d’enfance devenu officier républicain qui lui dicte les réponses qu’il devra donner lorsqu’il sera interrogé par le tribunal révolutionnaire et surtout sa rencontre avec une jeune femme prénommée Sophie [vraisemblablement Sophie Elisabeth d’Azentrampf (1767-1837) qu’il épousera en 1797] qui l’aidera à s’évader de la prison de Vannes et à rejoindre l’escadre anglaise, laquelle le ramènera à Londres. Les historiens n’ont dénombré que six évadés parmi les émigrés de l’expédition de Quiberon condamnés à la peine capitale. Chaumareys a donc eu beaucoup de chance !
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