Lot n° 392

RÉAUMUR (René Antoine Ferchault de). (1683-1757) physicien et naturaliste. 16 L.A.S., Paris 1750-1757, à M. Faciot, maître apothicaire à Reims ; 22 pages in-4, nombreuses adresses avec cachets de cire rouge ou noire à ses armes (petits trous...

Estimation : 8000 / 10000
Adjudication : 12 200 €
Description
de liasse).
Belle correspondance scientifique à un naturaliste amateur. 2 mai 1750. Identification de l’échantillon de globules « très propre a exciter la curiosité […] de touts ceux qui scavent admirer les productions de la nature » : il s’agit d’œufs d’une espèce de punaise des jardins... 10 novembre 1750. Très sensible à son offre d’envoyer « un raisin singulier par le meslange des grains blancs, avec des noirs », il craint seulement que malgré la précaution de l’envoyer « dans de la balle d’avoine », l’échantillon n’arrivât pourri. « Si on connoissoit le sep, et la branche du sep qui la produit, il seroit tres curieux de provigner cette branche […] C’est ainsi qu’on est parvenu a avoir des especes d’oranges singulieres »… 25 juillet 1752. Remerciement pour son envoi, resté au bureau de poste pendant de longs mois : ses raisins singuliers « se sont desseches sans se corrompre, de sorte qu’on reconnoist tres bien les grains qui ont été noirs, et ceux qui ont été blancs »… 8 septembre 1752. Il a bien reçu « la tortue que vous aviez observé manquer à mon cabinet […] Elle est très bien conditionnée, et tient bien sa place. Elle porte une etiquette qui apprendra à ceux qui l’y verront que je la tiens de vous »… 18 mars 1753. Il recevra toujours avec plaisir ses pièces singulières. « Je vous demanderai mesme si vous n’auriez point quelqu’un dans le voisinage du ruisseau petrifiant dont vous m’entretenez dans votre lettre, qui fust a portee de faire des experiences sur differents corps mis dans ce ruisseau pour voir en combien de temps, ils commenceront a etre petrifiés, et combien il leur en faudroit pour l’etre parfaitement. Ces experiences pourroient etre interessantes pour les phisiciens »… Il joint à sa lettre une loupe, et fait des compliments concernant son jardin peuplé d’insectes… 4 mai 1753. Inquiétudes pour sa santé… 9 mai 1753. Remerciements de l’envoi de « coquilles fossiles et de la congelation de Roussi ; cette derniere se fait-elle dans l’eau mesme comme votre letre precedente m’avoit donne lieu de l’entendre ; ce ne seroit que dans ce cas que la source qui en produit de semblables meriteroit d’etre examinée par des yeux aussi attentifs que les votres. Je ferai porter aujourd’hui a Mrs Rouelle le paquet de fleurs et la belle cristalisation d’Alun »… Il réclame des détails sur cette curieuse cristallisation… 1er décembre 1753. Sa peinture de la fontaine de Roussi et des environs de cette « source curieuse » est charmante. « L’etat des plantes que vous avez trouvees dans des incrustations qui sont l’ouvrage de cette source, montre, comme vous le dites fort bien que les incrustations s’y sont fait viste. Pour avoir quelque chose de plus precis sur le temps dans lequel elle les opere n’auriez vous point eu la curiosité de fixer dans le bassin de cette fontaine quelque morceau de bois et de prendre des mesures pour vous faire instruire quand ils seroient enduits de matiere pierreuse ? »… 27 juillet 1754. Ayant apprécié les soins apportés à l’expérience dans la fontaine de Roussi, il voudrait en faire une du même genre dans la fontaine de Trigny : « s’il est vrai comm’on vous l’a dit qu’on en a tiré du pain converti en pierre ce seroit une petrification plus singuliere qu’une simple incrustation, et une petrification qui devroit etre prompte, car le pain ne scauroit se conserver longtemps dans une eau ordinaire. […] Ce seroit aussi avec le thermometre qu’il faudroit examiner le degre de froid de l’eau de cette fontaine, qu’on dit surprenant »… 19 décembre 1754. Remerciements « pour les eclaircissements que vous m’avez donnés sur votre eau magistrale, pour le present de votre bouteille d’eau vulneraire […] et pour les nouvelles que vous me donnez du fagot mis et tenu dans la fontaine de Roussi. Ce petit fagot d’epines nous donnera des lumieres sur le temps que cette eau employe aux incrustations, et il peut devenir une pièce curieuse pour mes cabinets que vous êtes en possision d’enrichir »… 21 janvier 1755. « L’incrustation qui s’est formée sur les racines de gramens entrelassées, dont quelques unes avoient des tiges garnies de feuilles vertes, prouve que ces sortes d’incrustations se font viste dans la fontaine de Roussi »… 9 avril 1755. Remerciements pour toutes les récoltes proposées. « N’oubliez pas d’y faire entrer une de ces cornes que vous me marquez semblables a celles des bœufs. Apparemment que ce ne sont pas des cornes d’Amon, que leurs contours ne sont pas dans le mesme plan »… 14 août 1755. Les pierres curieuses sont arrivées en fort bon état… 5 septembre 1755. Introduction de l’abbé Rebori, « qui a beaucoup de goust pour la phisique, et l’histoire naturelle »… 14 juillet 1757. Il recevra avec reconnaissance, des échantillons de « deux carrieres riches en petrifications de coquilles, nouvellement ouvertes aupres de Reims »… 5 août 1757. Les nouvelles pétrifications sont dignes d’entrer dans ses cabinets, « et je vous assure que je suis extremmement sensible a votre disposition si constante de me procurer toutes les curiosités que vous croyez capables de me faire plaisir »… [Le correspondant a noté en marge : « Derniere lettre de Monsieur De Raumur ».]
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