Lot n° 820

VIAU, Théophile de. Les Oeuvres de Théophile... Paris, Iouxte la copie imprimée à Roüen, chez Jean de la Mare, 1627. 3 parties en un volume in-8 (165 x 105 mm) de (16)-336, 285-(1) et 69-(1) pp. : vélin souple, titre à l'encre au dos,...

Estimation : 6 000 / 8 000 €
Adjudication : 13 159 €
Description
traces d'attaches (reliure de l'époque).

►Précieuse édition collective.

→Elle aussi recherchée que celle de Rouen imprimée la même année (cf. Saba, n° 49).

Les trois parties des œuvres de Théophile ont d'abord fait l'objet d'éditions séparées publiées en 1621, 1623 et 1625. La première édition des trois parties réunies, publiée à Paris chez Billaine en 1626, n'a pas été retrouvée (cf. Saba, p. 31) et on ne connaît que cinq exemplaires (dont deux incomplets) de celle portant l'adresse de Billaine et Quesnel, imprimée la même année.
La première édition collective à pagination continue ne verra le jour qu'en 1629.

Le volume s'ouvre par les œuvres en vers et en prose publiées avant le procès de Théophile, dont le Traité de l'immortalité de l'âme. La deuxième partie, qui présente deux sections munies de titres particuliers à la date de 1628 et une pagination continue, contient la tragédie de Pyrame et Thisbé ainsi que d'autres pièces, en prose et en vers, "mises en lumière pendant sa prison, iusques à présent. Avec quelques autres œuvres à lui envoyées par ses amis". La troisième partie, enfin, dépourvue de titre particulier, renferme l'Apologie de Théophile au Roy.

Débauché, athée, hédoniste, Théophile de Viau (1590-1626) demeure l'une des plus attachantes figures de la poésie baroque. Arrêté le 19 août 1623 pour sa participation supposée au Parnasse satyrique (on lui attribuait notamment le sonnet "sodomite" inaugural), il fut condamné au bûcher en 1625, peine commuée en bannissement perpétuel. Brisé par ces deux années d'emprisonnement, il mourut quelques mois plus tard, à l'âge de 36 ans.

“De Villon à Jean Genet, de Sade à Rimbaud, une lignée de réprouvés ont fait de l'écriture l'instrument de leur refus. Théophile de Viau est de ceux-là. (…) Cette voix trop singulière en son temps vibre de mille résonnances avec la nôtre” (Maurice Lever).


►Rare, comme toutes les éditions des Œuvres de Théophile publiées avant 1630, surtout lorsqu’on les rencontre en vélin du temps.

Papier très légèrement roussi ; travail de ver sans conséquences à quelques feuillets ; petit manque de papier au premier feuillet du cahier P (première partie) ; reliure légèrement usée : deux petits manques de vélin au premier plat et absence du rabat inférieur au deuxième.

Tchémerzine-Scheler, V, 863 : cite l'édition d'après le catalogue Solar. – G. Saba, Théophile de Viau, 2007, n° 50 (recense 4 exemplaires : Arsenal, Orléans, Yale et Toronto). – En français dans le texte, n° 86 (notice de M. Lever pour l'édition de 1621).
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