Lot n° 287

Louis Xiv (1638-1715) Pièce signée « Louis » (secrétaire), contresignée par Jean-Baptiste Colbert De Torcy, Versailles 19 janvier 1701 ; 17 pages in-fol., reliure moderne parchemin aux armes royales dorées sur les plats.

Estimation : 600 - 800
Adjudication : 800 €
Description
IMPORTANTES INSTRUCTIONS POUR LA CAMPAGNE DE 1701 DANS LES PAYS-BAS ESPAGNOLS LORS DE LA GUERRE DE SUCCESSION D’ESPAGNE. Mémoire du Roy pour servir d’instruction au Sr de Puysegur Brigadier dans les armées de Sa Majesté Lieutenant Colonel de son regiment allant par ses ordres à Bruxelles. [Inquiet de la présence de nombreuses troupes de garnison des Provinces-Unies dans les places de la « barrière » des Pays-Bas en vertu du traité de Ryswick, décidé à reprendre ces places et à en exclure les Hollandais, Louis XIV envoie son conseiller militaire, le marquis de PUYSÉGUR, en mission diplomatique à Bruxelles. Ce dernier s’entretiendra le 23 janvier 1701 avec l’Électeur Maximilien-Emmanuel de Bavière et le marquis de Bedmar, commandant en chef des troupes royales espagnoles, pour prendre les mesures nécessaires. Les trois hommes décideront de mener d’une opération militaire sur les places occupées la nuit du 5 au 6 février.] Le présent mémoire, destiné à préparer l’entrevue, retrace la genèse du problème et les raisons de cette visite. Lors de l’exécution du testament du Roi d’Espagne, la principale volonté de Louis XIV a été d’assurer la paix, « quil estoit impossible de conserver en Europe en suivant les mesures prises avec le Roy d’Angleterre et avec les Etats generaux pour la maintenir […] On a vu cependant depuis l’acceptation du testament que les Hollandais ont non seulement différé de reconnoistre le Roy d’Espagne en cette qualité ; mais encore quils employent toute sorte de moyens pour former s’il est possible de nouvelles lignées aussi fortes que la dernière faite contre Sa Majesté dans la guerre terminée par la Paix de Ryswick. […] Sa Majesté a connu d’abord limportance dont il estoit de les faire sortir, mais persuadée que les Holandois désireroient la Paix, informée d’ailleurs des dispositions de la nation angloise, Elle a jugé jusqu’à present que le bien public demandoit quelle suspendit l’allarme quelle causeroit egalement aux deux nations en obligeant les Holandois à se retirer. Il paroissoit necessaire datendre la tenue du parlement d’Angleterre sans donner aucun nouveau sujet d’inquietude »… Louis XIV a été alerté par le marquis de Bedmar sur la situation de certaines places, dont celle du duché de Gueldre, où « il n’y a point à la vérité de troupes holandoises […], mais celles d’Espagne y sont faibles et en petit nombre. Le Sr de Puységur verra par l’estat joint à ce mémoire que les deux régiments qui sont dans cette province ne montent qua 686 hommes »… La première mission du marquis de Puységur consistera à s’assurer la fidélité de l’Électeur de Bavière, ce dernier ayant notamment offert d’envoyer ses troupes en renfort : « Il faudroit estre plus assuré de la sincérité des intentions de ce Prince pour juger s’il veut effectivement conserver au Roy d’Espagne les places du païs de Gueldres ou s’en emparer luy mesme », plusieurs éléments faisant douter de sa bonne foi… « Cette incertitude des sentiments de l’Electeur de Baviere, la lenteur de la République d’Holande a s’expliquer, les diligences qu’elle fait cependant pour former des alliance, les amas de graines et de provisions dans les places de la Meuse, le bruit de la guerre repandu dans toutes les villes de Holande […] toutes ces raisons enfin ont fait juger au Roy qu’il n’y avait pas de temps a perdre pour prevenir les surprises », et assurer au Roi d’Espagne la domination des principales places… Pour convaincre l’Électeur d’entreprendre une opération militaire - sa deuxième mission -, le marquis de Puységur devra rappeler « toutes les raisons que Sa Majesté a de se plaindre de la conduite des Holandois […] Il fera voir a l’Electeur que la conservation des païs bas depend de ne pas laisser plus longtemps les troupes holandoises les plus fortes dans les places du Roy d’Espagne, que Sa Majesté aiant les pouvoirs nécessaires pour commander au nom du Roy son petit fils, pretend s’en servir pour la conservation des Estats qui luy apartiennent »… Le mémoire se termine par quelques recommandations sur l’attitude à adopter envers le marquis de BEDMAR : « Comme ses intentions sont bonnes, le Sr de Puységur peut prendre confiance en luy. Il doit cependant savoir que l’Electeur de Baviere regarde Bedmar comme son ennemy et que ce dernier est persuadé que si l’Electeur sortoit des païs bas il en auroit le gouvernement. Sur ce fondement une confiance trop marquée et trop publique avec le marquis de Bedmar feroit beaucoup de peine à l’Electeur de Baviere, ainsi le Sr de Puységur aura sur ce sujet les mesnagements dont le Marquis de Bedmar conviendra luy mesme avec luy »… Etc.
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