Lot n° 137

Alexandre-Balthazar-Laurent GRIMOD DE LA REYNIèRE (1758-1838) gastronome et littérateur. L.A.S., Paris 16 janvier 1785, à sa cousine [Angélique Mitoire] ; 3 pages in-4 remplies d’une petite écriture serrée.{CR} Jolie lettre à sa cousine...

Estimation : 500 / 700
Adjudication : Invendu
Description
dont il est amoureux.{CR} « Rien au monde ne peut me lasser venant de la part de l’amitié ; et si je suis sensible au delà de tout ce que je puis dire à votre lettre, je n’en suis nullement piqué. Les leçons qu’elle contient sont très sensées, et je me les suis faites plusieurs fois à moi-même. À cela répondrez-vous : Pourquoi n’en profitez-vous pas ? Hélas ma bonne cousine, mon indulgente amie ! Je ne demande pas mieux. Mon mal pour être par vous désespéré n’est pas encore devenu incurable. Il s’agit seulement d’employer les grands remèdes, ceux que vous avez mis en usage jusqu’à ce jour n’ont pas produit assez d’effets… Hé bien daignez en employer d’autres. Armez vous d’indulgence plutot que de sévérité ! Ayez compassion de votre ami, et soutenez le par la douceur. Au lieu par exemple de ces regards sévères et de ce silence mélancolique, qui l’affligent sans le corriger, mettez en usage […] ces petits moyens dont les femmes savent tirer un si merveilleux parti. Ces légères faveurs qui ne tirent point à conséquence, et qui opèrent de grands prodiges sur les ames hélas trop innocentes des pauvres célibataires. Si ces moyens vous répugnent, si votre amitié ne peut s’en faire l’épreuve, je désespère de ma guérison, car je sens qu’eux seuls peuvent l’opérer […] Vous ne rendez pas justice à mon attachement pour vous. […] N’attribuer qu’au délire de l’imagination l’ardeur enflammée d’un cœur ivre d’A…mitié ; refuser de croire à la sincérité d’un sentiment, […] enfin imaginer que je tiens plus à mes extravagances qu’à ma chère cousine, vous poussez un peu trop loin la méchanceté, et surtout la mauvaise foi. Je n’ai ni le tems ni la presence d’esprit nécessaire pour repondre bien en detail à cette charmante lettre que j’ai déjà relue 5 fois, et qui sera à jamais mon code de morale, et la base de ma conduite […] je renonce dès ce moment au colportage qui vous afflige. Vous allez me voir arriver à Monceau […] sans balles ni males, sans marchandises ni boîtes. Ce n’est plus le marchand mercier-coutelier, libraire-bijoutier que vous hébergerez si bien à l’avenir, ce sera tout bonnement un cousin bien simple, […] bien ami de la gaieté qui essaye en vous voyant d’être célibataire […] En un mot je serai tout ce que vous voudrez que je sois, parce que je ne risque rien de m’abandonner tout entier à mon amie »…
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