Lot n° 5

Louis ARAGON. Manuscrit autographe signé, «LE FOU D'ELSA est un poème»..., [vers 1973»] ; 6 pages in-fol. au stylo bleu et feutre noir.

Estimation : 1 200 - 1 500 €
Adjudication : 1 803 €
Description
► Très beau texte sur l'adaptation théâtrale de son célèbre poème LE FOU D'ELSA par Alain Werner, qui sera créée en 1974 au Festival de Baalbek.

« Le Fou d'Elsa est un poème de 425 grandes pages que j'ai publié en 1963. Le spectacle qui en est tiré par Alain Werner a du par la suite se plier aux règles auxquelles ont obéi ses prédecesseurs qui ont porté à la scène de grands poèmes de GOETHE comme FAUST ou de POUCHKINE comme Eugène ONÉGUINE.
Le Fou d'Elsa n'est ni un opéra ni une pièce de théatre : c'est un spectacle».
Il en résume les intentions et le propos. Deux thèmes se croisent dans cette oeuvre, le premier étant«l'histoire de la chute de Grenade, qui se situe à quelques semaines du moment ou Christophe Colomb débarque en Amérique.

Le second, c'est l'histoire du Fou (en arabe du Medjnoun) que transpose, dans un poème populaire, un chanteur des rues de la Cite aux abois, l'histoire célèbre de Medjnoun et Leïla, née aux temps préislamiques, [...] une des plus grandes histoires d'amour de la poésie mondiale», reprise par de nombreux poètes de divers peuples depuis...
La pièce, divisée en six actes, sans entracte, dure deux heures.

Elle est contée à la fois par le texte, certes, mais «ce texte même est rendu compréhensible par la chorégraphie dont il est entouré. Si on lit l'ouvrage, [...] toutes les scènes sont situées, expliquées, entourées, non par des décors, mais par la chorégraphie.
Ainsi, pour en donner un exemple, l'Acte I qui s'intitule Grenade commence, comme dit l'auteur, quand la scène est encore nulle part : tout décor y est à construire, toute musique à commencer... il y avait une fois...
Grenade n'existe pas encore, elle va s'animer sous nos yeux, avec sa vie quotidienne, son histoire et ses malheurs, pour que nous assistions à ses luttes et à son agonie», etc....
Aragon continue ensuite a decrire et raconter chacun des six actes de cette adaptation scenique par Werner, et finissant sur la célèbre phrase du poème:

«L'avenir de l' homme est la femme. Et que voulait-il dire par laquelle dénonciation de l'ancienne sauvagerie de l'homme, mais qu'en tous cas, ici, sur la scène, commentent la reapparition et la danse de celle qu'on a vu déjà incarner [...] cette croyance en l'avenir, l'annonce des grands changements qu'apportera l'avenir.»
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