Lot n° 83

Pierre LOÿS (1870-1925). L.A.S. « Pierre », Biarritz jeudi [26 mars 1903], à son frère Georges Louis ; 4 pages petit in-4, enveloppe.

Estimation : 500 / 600
Adjudication : 700 €
Description
Il le presse de venir car il doit bientôt partir : il hésite entre Grenade et Naples… Puis il commente l’affaire de la fausse tiare de Saïtapharnès : « je ne traiterais que la question responsabilités, la seule qui m’intéresse au point de vue “Rache” comme on dit dans Wagner. Kaempfen se fiche du monde quand il dit avec son jésuitisme de vieux protestant que tout le monde est responsable au Louvre, et d’abord le conseil présidé par Bonnat et Aynard. Bonnat et Aynard se prononcent sur l’opportunité d’achat d’objets supposés authentiques et après expertise des gens compétents. Si Bonnat portait un Rembrandt au Louvre et disait : “C’est un Rembrandt”, il n’admettrait pas que des sous-Collignons vinssent le contredire. De même quand les Reinach qui, de prétention universelle en archéologie, et s’étant fait en outre une spécialité du Pont Euxin, l’un au nord et l’autre au sud, viennent déclarer : “Cette tiare est authentique”, Bonnat serait conspué s’il les attaquait. Il n’a la parole qu’au point de vue Beauté, et Aynard au point de vue Budget. Les seuls responsables sont les Reinach qui ont seuls affirmé l’authenticité. Bien que j’en veuille seulement à Théodore, je dois dire que l’aventure est drôle surtout par Salomon, car depuis son Manuel de Philologie jusqu’à son Répertoire du statuaire, en passant par cinq cents travaux ou articles, celui-là s’est bien montré le plus agressif et le plus puffiste de tous les archéologues. C’est une justice du Bon Dieu qu’il lui tombe dans sa biographie la plus forte gaffe du siècle, tant par le retentissement que par la valeur payée de l’objet »… On joint une L.A.S., Louqsor 15 avril 1898, sur les dimensions du grand pylône du temple de Karnak qu’il a fait mesurer ; une carte a.s. (1910) ; et une L.A.S. (minute) à André Doderet (secrétaire de Gabriele d’Annunzio), 12 février 1915, amusante et jolie lettre sur ses occupations voluptueuses.
Partager