Lot n° 132

Jean-Paul SARTRE (1905-1980). Manuscrit autographe, Scène III pour Les Séquestrés d’Altona, [1959] ; 2 pages in-4 à l’encre bleue écrites au recto de 2 ff de papier quadrillé.

Estimation : 600 / 800
Adjudication : 1000 €
Description
Esquisse du début de la scène 2 de l’acte III des Séquestrés d’Altona, pièce en 5 actes créée le 23 septembre 1959 au Théâtre de la Renaissance. Y figurent le Père, ici dénommé « le vieux », et sa belle-fille Johanna, leurs répliques distinguées par de simples alinéas. Le dialogue est très différent de ce qu’on lit dans la version définitive. « Décor du 1er Acte. Faiblement éclairé. 6 heures du soir. Le vieux attend. La porte d’en haut s’ouvre. Johanna descend. On entend le verrou derrière elle. Elle voit le vieux et jette un cri. Le vieux la rassure. Vous l’avez vu combien de fois Tous les jours depuis lundi. C’est la sixième fois. Oui. Vous commencez à le convertir ? Non. Est-il malheureux. Si vous voulez dire : est-ce qu’il souffre. Non. Mais on peut être malheureux sans souffrir : tendu, maniaque, angoissé sans vouloir retomber ni à droite ni à gauche. Mais oui, il est malheureux. […] Est-il fou ? Pas plus que moi. C’est-à-dire totalement et pas du tout. Comme tout le monde. […] Votre rêve je le connais. Le sien. Je le connais mal. Je cherche un mot. La noblesse. Ce n’est pas tout à fait cela. La grandeur. On ne rêve pas ça tout de suite. Dans un pays, s’il y a des héros c’est que cela va bien mal. Et dans un cœur, si l’on rêve de grandeur c’est que le cœur est déjà perdu »… Etc.
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