Lot n° 245

[MANUSCRIT]. [MARION (André de)]. Journal commencé le 1er N[iv]ose an 3e [21 décembre 1794], chez le C. Besson, ruë Honoré ; fini le 30 G[ermin]al an 3e [19 avril 1795] de la Rép[ublique] f[rançai]se Une & I[ndivisi]ble, chez le C. Cavilliers...

Estimation : 1000 / 1200
Adjudication : 1000 €
Description
même ruë, n° 321. S.l. [Paris], s.d. [1794-1798].
9 parties en un volume petit in-4 carré, [247] ff., couverts d'une écriture très fine, d'environ 40 lignes par page, avec des ratures et des biffures, bradel demi-maroquin grenat (Richardot).

Très intéressant manuscrit autographe tenu par un adolescent pendant la fin de la Convention et le Directoire.

Il est divisé en neuf cahiers soigneusement séparés et datés. En-dehors du premier dont nous reproduisons le titre général, l'ensemble couvre la période suivante :
Du 1er floréal an III [20 avril 1795] au 1er germinal an VI [21 mars 1798] jusqu'au 5e jour complémentaire [21 septembre 1798].
L'auteur, qui se nomme lui-même "André de Marion" à la fin du premier cahier, n'est pas autrement connu ni répertorié. Mais l'on se demande ce qui a pu faire transformer ce nom en L. Marion de Grandmaison apposé au dos du volume, sinon un état-civil incomplet au départ, ou, plus vraisemblablement une confusion du possesseur du manuscrit.

L'auteur signale ses seize ans à la date du 15 germinal an IV [4 avril 1796], ce qui le fait naître en avril 1780. Il avait donc neuf ans en 1789, et ces cahiers couvrent les années de son éveil personnel et politique (soit de 14 à 18 ans). Il est inhabituel de trouver des témoignages contemporains sur la Révolution dans cette tranche d'âges. Résidant la plupart du temps à Paris, rue [Saint-]–Honoré, il semble cependant originaire de la petite commune d'Ecquevilly, laquelle fut marquée très tôt par une intense agitation révolutionnaire, notamment dirigée contre la famille Hennequin, Marquis d'Ecquevilly, dont le château fut détruit, les sépultures profanées, et les biens vendus à l'encan.

Le contenu du texte est essentiellement personnel : le jeune Marion y raconte tant les détails les plus menus de sa vie quotidienne que sa vie en famille (il a une soeur, plusieurs frères, des oncles) et enfin ses emplois successifs à Paris.

De temps à autre, des aperçus intéressants sur la situation politique ou économique générale transparaissent :
fêtes républicaines ou événements remarquables (celles du 1er vendemiaire an VI, pour la fondation de la République ; les anniversaires du 14 juillet, réception du général Bonaparte par le Directoire le 20 frimaire an VI – 10 décembre 1797 -, etc.), difficultés économiques, visites et lectures, assistance occasionnelle à des séances de la Convention (30 pluviôse an III – 18 février 1795 -1er germinal an III – 21 mars).
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