Lot n° 956

JAURÈS Jean (1859-1914) homme politique. 4 manuscrits autographes signés « Jean Jaurès », [1905-1906] ; 11 pages et demie in-4, 5 pages et demie in-fol., 19 pages et quart in-4, et 10 pages in-4.

Estimation : 3500 / 4000
Adjudication : 4 550 €
Description
Quatre articles parus dans L’Humanité sur la séparation de l’Église et de l’État. La vraie méthode (2 avril 1905).
« Plusieurs groupes républicains se préoccupent des moyens d’assurer le vote rapide de la loi de séparation des Églises et de l’État. Il en est deux et qui sont décisifs.

Le premier c’est de proclamer que la majorité républicaine est résolue à aboutir, qu’elle n’ira en vacances qu’après le vote complet de la loi, qu’elle siégera s’il est nécessaire, jusqu’au 1er mai, date de l’ouverture des conseils généraux, tous les jours et deux fois par jour.

Le second c’est de tenir ferme, comme un centre nécessaire de ralliement, au texte sur lequel la commission et le gouvernement seront d’accord. Hors de là, il n’y a que chaos, impuissance, avortement. Il n’est point inutile que des contre-projets et des amendements multiples aient été déposés. Ils permettent à la commission de se rendre un compte plus exact, sur quelques points, des préoccupations de la Chambre. Et elle pourra y donner, dans le détail, toutes les satisfactions qui ne compromettront pas l’essentiel du système adopté par elle après un long et sérieux examen. Mais c’est la commission qui doit, si l’on me passe le mot, rester l’arbitre et le guide »…

Pour un mot (6 avril 1905).
Mise au point après une erreur de transcription dans l’ordre du jour voté par le groupe socialiste parlementaire, parlant de textes imposés, au lieu d’improvisés, par les délégués des groupes de gauche...

Effort nécessaire (14 avril 1905).
Explications au sujet du vote de l’amendement de M. Sibille :
« Pas une minute la commission n’a songé à retirer ou aux détenus, ou aux malades, ou aux écoliers la possibilité de pratiquer leur religion, et d’appeler le ministre de leur culte, dans la prison, dans l’hôpital ou dans l’école. Et il va de soi que ces ministres des Cultes, même dans le régime de la séparation, pourront être payés par l’État, par les communes ou par l’intermédiaire des communes. […] Tous ces faits où l’État intervient, mais comme délégué et substitut des particuliers et non pas pour reconnaître; et subventionner un culte, ne sont donc pas contraires à la neutralité religieuse instituée par la loi de séparation »... Etc.

Après le Congrès (2 juin 1906).
« Le secret épiscopal et même pontifical a des fêlures. Les Évêques ont juré de ne rien dire de leurs discussions et de leurs décisions ». Mais des indiscrétions ont permis de savoir que les partisans de l’acceptation de la loi l’ont emporté […] Ainsi les Évêques, en qui les sages conseils de l’Esprit saint ont été secondés par la leçon des événements et des élections, ont adopté une politique conciliante et sensée. Voilà sans doute tout danger de guerre religieuse écarté.
[…] La loi de séparation sera donc appliquée sans nouveaux désordres et sans crise nouvelle »…
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