Description
Trois articles parus dans L’Humanité sur le socialisme.
Tout le socialisme (28 avril 1905).
Réaction à un article de M. Bourdeau qualifiant « de “socialisme hybride” l’organisation socialiste qui vient d’être constituée par le Congrès d’unité. […] Ce qu’il dénonce comme une équivoque est la loi même d’un organisme supérieur qui va se compliquant à mesure même qu’il se développe et qu’il se perfectionne.
De plus en plus, le parti socialiste devient un parti de classe : d’abord, parce que l’extension de l’industrie, et de la grande industrie, élargit le prolétariat ouvrier dont la conception nettement communiste s’oppose à tout le système de propriété capitaliste individuelle ;
en second lieu, parce que les ouvriers, par la coopérative prolétarienne, le syndicat, la Bourse du Travail, la Confédération du Travail, développent leur organisation économique, et que cette organisation, où l’élément ouvrier est exclusif de tout autre, réagit naturellement sur l’action politique socialiste et la marque d’un caractère toujours plus net.
Mais le parti socialiste, en même temps qu’il devient toujours plus clairement et. plus fortement un parti de classe, est mis nécessairement en contact, par sa croissance même, avec tel milieu démocratique agité, compliqué et mouvant. Entre lui et la démocratie, deux ordres de rapports s’établissent et s’étendent. Le prolétariat, devenu une force politique, utilise et défend les moyens d’action que la démocratie lui offre, les libertés, d’abord incomplètes, qui favorisent son effort social. Et en second lieu, quand le prolétariat, par son action propre, a revendiqué fortement une réforme, quand il a conduit cette réforme à être ressentie comme un besoin organique profond par toute la classe ouvrière, la non-satisfaction de. ce besoin devient une souffrance, et un malaise, non seulement pour le prolétariat lui-même, mais pour la démocratie presque tout entière. Le jour viendra, par exemple, où la réduction légale de la journée de travail à huit heures, apparaîtra comme une nécessité vitale, non seulement pour les prolétaires, mais pour l’ensemble de la nation »... Etc.
La peur du socialisme (7 juillet 1905). Après l’interdiction d’une réunion à Berlin, où Jaurès voit « un des signes les plus décisifs de la croissance du socialisme, de la valeur grandissante de son rôle national et international. […] cette interdiction même prouve la force de l’Internationale prolétarienne dont on ne peut plus arrêter un moment l’action que par des coups de force ».
Les gouvernements « en arrivent, en haine du socialisme, à dénoncer comme une classe de trahison la grande classe productrice, cet immense prolétariat ouvrier qui est la force et aussi la lumière des nations modernes.
[…] ce ne sont pas seulement les prolétaires, ce sont tous les hommes épris de paix internationale et de sagesse qui seront sévères pour les gouvernements d’autorité qui répriment les manifestations contre la guerre. Le parti socialiste européen, devenu ainsi le seul parti efficace et agissant de la paix, recrutera par millions de nouveaux adeptes.
[...] Le socialisme international ne connaît point les puérils dépits : il est sûr de son œuvre et de l’avenir ». Bons apôtres et bons conseils (27 septembre 1905).
« II ne paraît pas, aux élections de Dimanche dernier, que l’âpre polémique de M. CLEMENCEAU contre le socialisme ait eu beaucoup d’action. Partout, et là même où son influence pouvait s’exercer le plus largement, il a été impuissant à arrêter l’irrésistible progrès de la démocratie socialiste. Et il est certain désormais que c’est avec une force accrue et avec un admirable élan que le prolétariat abordera la bataille des élections générales. Il engagera hardiment dans les voies du socialisme la République toujours défendue par lui contre la réaction nationaliste et cléricale.
[…] la réaction est épouvantée de la sûreté avec laquelle le parti socialiste marche à la conquête légale du pouvoir politique et du suffrage universel, et de la fermeté avec laquelle, dans sa croissante affirmation communiste et prolétarienne, il défend la République de démocratie et de laïcité. Que le prolétariat redouble donc de vigueur et d’élan dans la conquête socialiste du terrain électoral, et qu’il signifie sans cesse à la réaction qu’au second tour de scrutin toutes les forces socialistes donneront contre elle ».