Lot n° 264

LOTI (Pierre). Le Mariage de Loti. Rarahu. Paris, Calmann Lévy, 1880. In-18, demi-maroquin lavallière avec …

Estimation : 600 - 800 EUR
Adjudication : Invendu
Description
Le Mariage de Loti. Rarahu. Paris, Calmann Lévy, 1880. In-18, demi-maroquin lavallière avec coins, dos orné de filets, tête dorée, couverture. Édition originale, « d'une extrême rareté » (Carteret), parue sans grand papier annoncé.
L'ouvrage était achevé d'imprimer à la fin de 1879, sous le titre Rarahu, idylle polynésienne, mais la parution en fut retardée car Juliette Adam obtint d'en pré-publier le texte dans La Nouvelle revue qu'elle venait de fonder avec l'aide de Calmann Lévy. Dans cette version pré-originale, donnée en plusieurs parties du 1er janvier au 15 février 1880, la future protectrice et amie de Loti s'autorisa notamment à changer le titre, qui devint Le Mariage de Loti. L'édition originale en librairie parut ensuite le 15 mars 1880, sous le titre Le Mariage de Loti. Rarahu, avec couverture et feuillets liminaires renouvelés à la date de 1880. Le sous-titre Rarahu disparaîtrait de la couverture et du titre dès le retirage du volume, et serait supprimé du faux-titre et des titres courants des éditions parues à partir de 1893.
Pierre Loti à Tahiti. Son service dans la marine de guerre le conduisit à faire deux séjours sur l'île de Tahiti en 1872, du 29 janvier au 27 février et du 26 juin au 4 juillet. Cette expérience joua un rôle fondamental dans son existence personnelle et dans sa vie littéraire.
Le Mariage de Loti, roman phare de la littérature tahitienne. Quand Stevenson donne à voir, dans son récit Dans les Mers du Sud, un peuple polynésien primitif en voie de se développer, Loti avise bien au contraire un monde qu’on gâte et qui se meurt – dont Rarahu est, dans son Mariage, le symbole. Pour autant Loti ne se montre aucunement adversaire du métissage, et ne pose ici que distraitement la question de l’acculturation. Au-delà d’un certain goût de l’exotisme, qui lui fut souvent tenu à afféterie, Loti fait ici preuve d’une plus profonde compréhension de l’âme polynésienne, et par là même de tous les peuples dont l’identité est en danger.
Ainsi Daniel Margueron écrira-t-il : « Quelle que soit la valeur qu’on attribue à ce roman, il domine désormais toute la littérature tahitienne : constamment cité, imité, voire pillé, il devient une référence vis-à-vis de laquelle chacun se situe... Les Immémoriaux de Segalen seraient-ils ce qu’ils sont sans Loti ? » (Tahiti dans toute sa littérature, Paris, L’Harmattan, 1989).
L'émerveillement devant l'ailleurs et le divers, mais aussi la désolation qu'inspire la fin annoncée d'une civilisation au contact d'un Occident corrupteur, rapprochent en effet étroitement Victor Segalen et Pierre Loti qu'on a parfois voulu opposer en s'arrêtant aux différences de style, de personnalité et d'époque. Segalen dédicaça d'ailleurs deux ouvrages à Pierre Loti, dont, en 1907, un exemplaire de ses Immémoriaux.
Dos légèrement passé, ex-libris manuscrit au titre. Couverture un peu usagées.
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