Lot n° 436

Tristan TZARA. Mouchoir de nuages. Sans date [1924]. Copie carbone avec corrections autographes de …

Estimation : 2 000 - 3 000 EUR
Adjudication : 2 000 €
Description
Tristan TZARA. Mouchoir de nuages. Sans date [1924].
Copie carbone avec corrections autographes de 45 pages in-4, réunies par trois attaches métalliques, 6 photographies originales, 2 plaquettes.
Importante réunion de documents relatifs à la dernière pièce de théâtre de Tzara, distingué par Aragon comme “la plus remarquable image dramatique de l'art moderne”, aux côtés de Ubu Roi et des Mamelles de Tirésias.
Elle se compose d'une copie carbone d'un tapuscrit de la pièce avec quelques corrections autographes sur six feuillets, de six photographies originales du spectacle et de deux prospectus de “Soirée de Paris”.
Mouchoir de nuages fut créé au théâtre de la Cigale dans le cadre de “Soirée de Paris”, suite de spectacles à but caritatif présentée par le comte de Beaumont du 17 mai au 30 juin 1924.
La mise en scène était signé Marcel Herrand, les costumes Lanvin. Loïe Fuller était chargée de projections.
La tragédie en quinze actes connut, depuis, seulement des adaptations audiovisuelles.
Elle a été publiée en 1925 par Daniel-Henry Kahnweiler, illustrée d'eaux-fortes de Juan Gris.
“Mouchoir de nuages est « une tragédie ironique ou une farce tragique en quinze actes courts, séparés par quinze commentaires. L'action, qui tient du domaine du roman-feuilleton et du cinéma, a lieu sur un tréteau placé au milieu de la scène », déclarait Tzara quelque temps après la représentation.
Le sujet de Mouchoir de nuages est, sinon réaliste, du moins traditionnel. [...]. L'intérêt de cette tragédie n'est pas tant dans le sujet que dans la conception scénique et l'humour dadaïste dont elle est empreinte, qui lui donne puissance poétique. La mise en scène revêt une importance particulière. C'est un des rares cas dans le théâtre Dada et surréaliste, où elle soit traitée avec soin et compétence par l'auteur. Loin d'être gratuite, cette mise en scène d'inspiration pirandellienne illustre la réflexion générale sur l'art, que Tzara menait à l'époque. « La scène représente un espace fermé, comme une boîte, d'où aucun acteur ne peut sortir » ; c'est en quelque sorte une souricière, et nous verrons que cette image domine toute la pièce, donnant un sens nouveau à la fatalité des Anciens. De cette image découlent et la tragédie et la façon de jouer. Les acteurs, une fois entrés en scène ne pourront plus en sortir. Ils auront à se maquiller, s'habiller, à parler entre eux quand ils ne joueront pas. Les décors sont réduits au minimum, un écran sur lequel on projette un agrandissement de carte postale illustrée indique le lieu de l'action [...], les changements de décor se faisant à la vue du public. Les machinistes restent, eux aussi, constamment en scène. [...] Chaque scène est suivie d'un commentaire, de la part des seconds rôles. Dada retourne à la tragédie grecque, ou plutôt le choeur passe par dada pour trouver une signification actuelle” (Henri Béhar, Le Théâtre dada et surréaliste, pp. 202-205).
Les six photographies originales de scène fournissent ainsi un précieux témoignage d'une des entreprises théâtrales les plus innovantes du premier quart du XXe siècle.
De format 22 x 16 cm, tirées sur papier fort de 23 x 29 cm elles sont signées Léon Bernard Valéry (1897-1952).
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