Description
Paris, Grasset, 1934-1936. 3 volumes in-12, demi-maroquin bleu nuit à bandes, dos lisse, tête dorée, non rogné, couverture et dos, et huit pièces autographes conservées dans une chemise in-12 en demi-maroquin assorti, étui collectif (Loutrel).Édition originale.
Les Destinées sentimentales, le cycle romanesque le plus ambitieux de Chardonne, se compose de trois parties parues successivement : La Femme de Jean Barnery, Pauline et Porcelaine de Limoges.
Un des 43 exemplaires sur vélin d'Arches.
Exemplaire bien relié, accompagné de sept lettres autographes de l'auteur à Marcel Thiébaut relatives à la composition du roman et à sa publication dans la Revue de Paris :
9 février 1933. – Henri Bidou n’a jamais parlé de Claire dans la Revue de Paris, et il n’a rien écrit sur l’Amour du prochain dans les Débats, où, pourtant, il suit l’actualité de fort près. Bref, depuis deux ans, il m’ignore. Avec toute l’humilité possible, je ne puis croire que c’est par distraction. J’avance dans le roman – vaste roman – qui vous est destiné. Et je l’avoue, j’en suis content. Ce sera mon œuvre principale, sûrement. C’est un retour au roman pur, que le « public » goûtera, je crois.
3 mars 1933. – La Nuova Antologia, de Rome, sœur, je crois, de la Revue des Deux Mondes, ou de la Revue de Paris, consacre à mon œuvre une étude considérable par sa portée et ses dimensions. […] Ces Italiens sont de grands maîtres en critique, comme en politique. En critique, nous sommes restés très frivoles. C’est même là que s’est réfugiée toute notre frivolité. Je continue d’avancer dans un long roman dont vous serez, je crois, satisfait. Cette fois, ce sera un vrai « Roman ».
23 octobre 1933. – Titre : Les Destinées sentimentales. Je vous apporterai le manuscrit avant le 15 novembre. Vous aurez donc le temps de faire composer pour le 15 décembre. (La première livraison des Destinées sentimentales est effectivement parue dans la Revue de Paris du 15 décembre 1933.)
27 nov. 1933. – Ci-joint les épreuves corrigées. Une seconde épreuve est nécessaire. Pardon. Dans la suite, il y aura moins de corrections. […] Bien entendu, je réserve à la Revue de Paris la publication de Pauline, et, si vous voulez, Porcelaine de Limoges. [...]. Les deux volumes sont plus resserrés, plus mouvementés et conviennent mieux que le premier à une publication en revue. Si le premier vous a plu, les deux suivants ne vous déplairont pas.
11 sept. – Ci-joint les épreuves. J’ai marqué au crayon bleu l’endroit où je vous propose de terminer la seconde livraison (24 p.) […]. Je comprends vos objections à l’article de Gérard ; elles m’étaient venues d’abord à l’esprit. Mais je sais qu’on ne peut parler de ces intérieurs connus que sous l’apparence de la fiction. L’auteur risquerait de se fermer la société anglaise, si chatouilleuse, en désignant plus clairement ses hôtes. J’ai lu la nouvelle de Bromfield dont je vous ai parlé, mais je la destine à Gringoire. J’aimerais mieux que Bromfield paraisse à la Revue de Paris sous son meilleur jour.
2 déc. – Voici la fin de la partie IV. J’ai beaucoup goûté votre article sur Romains ; en particulier la distinction subtile et si importante entre le personnage entièrement créé par l’auteur, et le personnage investi par des approches complexes, multiples et toujours incomplètes. Le personnage créé par l’homme se ressent de cette origine. C’est toute la différence entre les personnages de Tolstoï et ceux de Romains. Différence immense.
Note (s.d.) – La Femme de Jean Barnery ainsi disposé n’a pas l’air du titre du volume, mais d’un chapitre. Supprimer le I, je crois. Remonter le titre. Enfin voyez. La note est la reproduction d’une phrase que j’ai donnée comme simple indication. Convient-elle ? En tout cas, relisez-la. J. C. est à corriger.
On joint également le manuscrit autographe d'une chronique publiée par John Charpentier dans le Mercure de France ; elle est consacrée pour moitié à Porcelaine de Limoges (« Les romans », [1936], 7 ff.).