Lot n° 221

Jean COCTEAU. Manuscrit autographe signé, Style de féérie, [1946] ; 4 pages in-4 avec ratures et corrections (plus 1 page in-8 formant chemise), tapuscrit joint.RéFLEXIONS AUTOUR DU FILM LA BELLE ET LA BêTE.« La grande difficulté de la...

Estimation : 1 000 / 1 500 
Adjudication : 2 000 €
Description
mythologie (et la féérie n’est-elle pas la mythologie française ?) c’est de ne pas froisser l’image fort vague que chacun se forme de ses héros ? L’enfance se forge un monde dans lequel il importe d’entrer avec une extrême délicatesse. Lorsque j’envisageai de faire un film de La Belle et la Bête je me reportai d’abord à l’âge où je lisais le conte de Madame Leprince de Beaumont ». Il se revoit dans sa chambre, regardant les illustrations de la Bibliothèque Rose, mais surtout imaginant les personnages du conte. Il insiste sur l’apport extraordinaire de Christian Bérard au film : « La grande réussite de Bérard […] c’est le tact avec lequel aidé de Moulaert et de Carré, aidé par les ouvrières étonnantes de chez Paquin et par des voyages continus entre des livres de Vermeer de Delft et de Gustave Doré, il habilla mes personnages de telle sorte qu’en Touraine ils devinrent les véritables habitants du petit monde où nous tournions, alors que le propriétaire et mon équipe y devenaient des fantômes ». Malgré des maladies incessantes, il garde de ce tournage un souvenir merveilleux : « j’inventais, je construisais, je tournais, je montais »… Il se souvient que Josette DAY, décolletée, mourait de froid, et que Jean MARAIS souffrait sous son pénible maquillage… Il livre une réflexion sur le cinématographe en tant qu’art, et son opinion : « Le cinématographe débute. Il a mon âge. C’est vieux pour un homme, jeune pour un art […]. il faudra bien qu’il se singularise comme les autres arts ». Enfin il rend hommage aux « techniciens du cinématographe » : « j’arrivais au milieu d’eux avec l’amour instinctif d’un milieu dont ils possédaient les méthodes. Je n’ai rencontré partout que bonne grâce, entraide, gentillesse. […] Bref, si j’ai pu donner corps à ce rêve, c’est parce qu’ils l’ont bien voulu ».ON JOINT 2 manuscrits en fac-similé, dont un pour Les Nouvelles Épitres (1945).
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