Lot n° 140

Édith PIAF. — L.A.S. « Pupuce », [Lausanne] 2 mars 1946 à « Mon adoré » [Yves Montand] ; 4 pages petit in-4 extraites d’un cahier d’écolier (numérotée « 15e »). — Belle lettre d’amour à Yves Montand pendant sa tournée...

Estimation : 1500 - 2000
Adjudication : 1 950 €
Description
en Suisse.
Après 15 jours de séparation, son adoré lui manque : « j’en ai mare de ce pays et j’en ai surtout mare de ne pas te voir ». Elle est « toujours un peu fatiguée mais ça va quand même un peu mieux qu’avant […] Il parait que dans un article tu dis que je suis la femme de ta vie… c’est vrai ça ? Mais alors tu m’aimes ? Chic alors ! ». Elle a déjeuné avec le consul de France et d’autres personnalités, et elle a dû chanter « quinze chansons, une heure et quart en scène, tu parles s’ils aiment ça, j’en suis très fière du reste, n’est-ce pas mon Pays que je représente ? et de voir que je fais un peu de bien à la France dans ma petite sphère j’en suis toute émue ». Elle soigne beaucoup sa toilette dont on la complimente. « Je suis ravie d’avoir cessé de boire, quand je pense à la réputation idiote que je me suis faite grâce à mes sois disants amis ». Elle encourage Montand à lire ; elle lui a trouvé Le Rire de Bergson « (je crois que c’est assez dure à lire) », et l’Éloge de la Folie d’Érasme. Elle se réjouit d’avoir des lettres quotidiennes et de voir Montand compréhensif et courageux. Elle regarde la photo qu’il lui a donnée où il a le nez rouge : « Dame à force de vous embrasser, on dirait que vous avez bu, vous n’avez pas l’air sérieux du tout ». Elle compte le retrouver dans leur nouvel appartement : « Dis toi que chaque jour qui s’écoule est un pas vers notre union définitive et que je t’aime avec toute la force dont je suis capable, c’est-à-dire grand à tout braver à hurler à chanter à me battre avec la vie ! »…
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