Lot n° 248

PASTEUR (Louis). Journal des Savants. 1850. Article Chevreul. Manuscrit autographe, [vers 1860], 8 …

Estimation : 600 - 800 EUR
Description
PASTEUR (Louis). Journal des Savants. 1850. Article Chevreul. Manuscrit autographe, [vers 1860], 8 pages in-12, sous chemise demi-maroquin noir moderne. Très intéressantes notes critiques sur la fermentation, réunissant les noms de Van Helmont, Chevreul et Pasteur. Pasteur synthétise ici l'article du célèbre chimiste Eugène Chevreul (1786-1889) sur Van Helmont, paru en 1850 dans le Journal des Savants. Le médecin et chimiste belge Van Helmont (1557-1644), auteur de Ortus Medicinæ (1648), fut, en dépit de ses théories physiologiques très discutables, un pionnier, qui étudia les gaz et découvrit le suc gastrique.Dans ces notes de lecture, il résume point par point l'article de Chevreul, de manière très précise, et termine en soulignant certaines bizarreries ou errements du médecin belge. Pasteur examine avec Chevreul les deux classes de ferments distingués par Van Helmont : l'un, inaltérable, qui est un être formel créé dès l'origine en forme de lumière, disposé en des lieux où Dieu a voulu qu'il y eût des semences, et propre au développement des corps ; l'autre, altérable et destructible, qui se développe avec les semences produites par les individus de même espèce, et à qui Van Helmont attribue encore l'effet à une propriété qu'il nomme vertu fermentale, laquelle accompagne la semence pendant sa formation, et disparaît ou meurt sitôt que l'œuvre est achevée. Il en vient aux ferments-odeurs, auxquels il fait jouer des rôles fort étranges. Pasteur rapporte alors deux très curieuses expériences faites par Van Helmont et relevées par Chevreul?: des scorpions naissant de basilic pilé, et des souris issues de grains de froment ! À la dernière page, il tire sa propre conclusion, assez critique, sur Van Helmont : M. Chevreul a surtout pour but de démontrer que Van Helmont était imbu de la méthode a priori, que ses expériences ont été faites uniquement, non pour s'éclairer en cherchant des vérités qu'il ignorait, mais pour appuyer des opinions conçues a priori qu'il voulait établir comme vérités, quoiqu'un grand nombre fussent des erreurs. Une preuve curieuse, ajoute Pasteur, c'est que Van Helmont a prétendu que le premier jour de la création n'était en réalité que le second, parce que, ne comptant que deux éléments, l'air et l'eau, son système exigeait qu'ils eussent été créés avant tous les autres corps. Cette analyse critique constitue un précieux document sur les méthodes de travail de Pasteur.
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