Lot n° 43

BOSSUET (Jacques-Bénigne). Lettre autographe signée à Mme d'Albert (1692). BELLE LETTRE SUR LE PÉCHÉ, FAISANT RÉFÉRENCE AU DOGME DE L'IMMACULÉE CONCEPTION. In-8, en feuilles, 135 × 200mm, 4p. Un f. plié en deux, encre noire, petite...

Estimation : 600 - 1000
Description
déchirure. Transcription : « Anneaux 20 décembre 92 /J'arrivai hier heureusement malgré le temps, Dieu Merci. J'écrivis avant mon départ la lettre que Madame de Lusanci vous fera voir : il n'est pas mal d'en dire la substance à Madame de la Prieure. Ce que l'on dit de Monsieur de la Trappe, de l'attention continuelle qu'on doit avoir aux jugements de Dieu, est vrai pour l'ordinaire, mais non pas universellement ; et il ne l'entend pas autrement lui-même. D'ailleurs qui désire de voir Dieu, craint de le perdre ; mais cette crainte ne l'abat, ni ne le décourage parce qu'il sait qu'il est bon, et s'abandonne à lui. Croyez-moi, vous donnez trop dans ces peines, je vous assure qu'elles ne doivent point vous empêcher de communiquer sans que vous les confessiez. Je n'ai pas besoin de décider si il y a du péché ou non. A parler franchement, je crois pouvoir assurer qu'il n'y en a point ; mais, en tous cas, je vous assure qu'il n'y a point d'obligation de s'en confesser, et que vous feriez mieux de ne le pas faire. Vous ne savez pas combien Dieu est bon, et ce que peut l'abandonnement qu'on lui fait de tout. J'approuve fort le sentiment de M. De Sainte-Beuve, et vous pouvez vous reposer dessus ; mais je crois la voie que je vous montre plus conforme à votre état présent. Son sentiment et le mien ne sont qu'un dans le fond, et nous allons à même fin. Je vois à peu près ce qu'a voulu dire ce prédicateur et je voudrais bien qu'on ne fut pas si affirmatif en choses où l'Église n'a pas parlé. Celui qui a enseigné à saint Paul que la force se perfectionne dans la faiblesse et que la tentation donne occasion à avancement, peut seul vous faire entendre que les peines que vous déplorez peuvent aider à purifier votre cœur. Tout de qu'on a dit de vous à Paris, au sujet de l'obéissance que vous me rendez, augmente la couronne que vous devez attendre pour cette action de justice.Le monde parle et juge sans savoir ; mais Jésus-Christ l'a jugé et a cassé par avance tous ses jugements. Encouragez Madame le Prieure à ne point quitter quoi qu'il arrive. Le soldat Jésus-Christ ne doit jamais poser les armes ; le temps viendra. Je suis avec vous de tout cœur. J. Benigne de Meaux ». Ref. : correspondance de Bossuet t.5 : Janvier 1692 - Septembre 1693, n°816.
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