Lot n° 44

BOSSUET (Jacques-Bénigne). Lettre autographe signée à Mme d'Albert (1693). In-8, en feuilles, 135 × 200 mm, 4p. Un feuillet plié en deux, encre noire, petite déchirure. Transcription : « À Germigny, 7 août 1693 / J'ai prié M. Phelipeaux de...

Estimation : 600 - 1000
Description
vous aller voir, quoique je ne sache pas bien, ma Fille, ce qu'on souhaite de lui ; mais sa présence est toujours bonne à Jouarre, et on pourra m'écrire avec liberté. Je crois que vous devez être contente sur le sujet de l'attachement que quelques-unes craignent pour le goût qu'on ressent de Dieu. Il est vrai que Dieu le cache quelquefois aux âmes qu'il veut attirer, et qu'il a mille moyens de le faire. Ce qui l'y oblige, c'est, entre autres choses, le dessein de prévenir la présomption, si une âme se connaissait elle-même ; et je ne puis ni ne dois vous dissimuler que vos peines pourraient être une couverture des grâces que Dieu vous fait, qui ne serait pas inutile si vous étiez fidèle au divin attrait. Soyez-le donc, et sachez que cette fidélité consiste principalement à s'abandonner à cet attrait indépendamment de toute autre vue, et avec le moins de retour qui se pourra sur soi-même, parce que l'effet de cet attrait n'est pas tant à faire que l'âme cherche à s'humilier, mais qu'elle cherche à s'oublier tout à fait par un céleste enivrement, qui la sépare d'elle-même beaucoup plus que ne feraient toutes réflexions qu'elle pourrait faire pour s'humilier ; et c'est là le vrai fond de l'humilité, puisqu'on apprend par ce moyen à se compter pour rien et, en quelque sorte, à n'être plus. Notre seigneur soit avec vous, Ma fille. J.Benigne de Meaux ». Ref. : correspondance de Bossuet. t.5 : Janvier 1692 - Septembre 1693, n° 897.
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