Lot n° 251

ROUAULT Georges (1871-1958). L.A.S. « G. Rouault », Versailles, 36 rue de l’Orangerie, à un journaliste ; 2 pages in-4. Très beau texte sur l’art. « Bien des artistes ont la douce et inoffensive prétention de croire...

Estimation : 1000 - 1500
Adjudication : 700 €
Description
à la survie de leurs œuvres », mais les techniques utilisées aujourd’hui sont moins durables qu’autrefois, et d’ailleurs « heureusement que certaines peintures disparaissent […] malheureusement aussi des œuvres délicieuses disparaitront », comme la fraîcheur d’une toile juste peinte… Rouault rappelle qu’il n’y a « aucun procédé qui ne soit vraiment durable ». Il revient sur les différents matériaux utilisés pour protéger l’œuvre ; huile, colle, bitume, vernis, etc. « L’idéal serait de ne pas employer de vernis que la peinture soit comme une fresque solide d’un beau mat profond puissant et très coloré […]. L’admirable métier de certains Flamands primitifs ou de Hollandais d’une technique magnifique ne correspond et ne répond pas à tout », même si DEGAS lui avait confié à leur propos : « “Nous peignons tous comme des cochons”, je n’y contredis point. CÉZANNE avait cette ambition de faire de l’impressionnisme […] un art durable comme l’art des musées, c’est dans cette voie qu’il faut aller ». Il rappelle qu’aucun de « ces deux solitaires qui ont aimé passionnément leur métier n’ont été rabaissés par les consécrations du monde […] quand tant de peinturiers ratés et d’obscurs comparses jouent du Chevalier au Commandeur, des Grands’Croix ou du Prince… pour racheter probablement l’absence ou le vide de leur création picturale »… Si son correspondant est intéressé, il le prie de publier ces lignes, mais intégralement. C’est l’occasion de prendre position sur « ce débat qui traine sur Les Princes de l’Art. D’aucuns diront que je rage et que je crève d’envie de l’être, laissons dire et réjouissons-nous et délectons-nous dans notre art […] avec la conscience en paix. L’amour de l’art c’est une rédemption continuelle ».
Partager