Lot n° 461

GIONO Jean (1895-1970). 7 L.A.S. et 1 L.S. «Jean Giono», la plupart de Manosque 1932-1935, à Louis BRUN, directeur aux éditions Bernard GRASSET ; 11 pages in-4, enveloppes. Très belle et intéressante correspondance littéraire,...

Estimation : 2500 - 3000
Adjudication : 3 100 €
Description
sur ses ouvrages publiés chez Grasset, notamment Le Serpent d'étoiles, Que ma joie demeure et Les Vraies Richesses ; mais aussi sur l'adaptation au cinéma par PAGNOL d'Un de Baumugnes, contre laquelle Giono ne tarit pas de colère... 8 février 1932. Publication du Serpent d'Étoiles : il donne son accord aux propositions de Grasset : 10 au lieu de 15%, tirage à 6000 exemplaires, etc. : «En résumé d'accord sur toute la ligne pour l'affaire Serpent, et bien content que vous ayez pris ça vous autres». Il fait le point sur toutes les oeuvres promises à Grasset : un livre d'essais, intitulé Le Lait de l'oiseau (à la place de L'Eau vive, déjà pris), qui «comprendra pour les ¾ des souvenirs de jeunesse de 1900 à 1914. Je crois que tu seras très content de ça». Côté roman, Grasset a toujours Le Chant du Monde. Il se réjouit qu'ils aient son théâtre, deux pièces à venir : Dyonisos, et Le Bout de la route... «Le Sieur LÉVY, éditions du Carrefour [...] m'a volé les manuscrits de Colline et Regain ne peux-tu pas m'aider. Certes Lévy recevra mon pied au cul, mais avant ça ?»... Il demande des nouvelles de l'édition américaine de Colline et Un de Baumugnes, ainsi que le compte des ventes... 3 avril 1933. Il a reçu le compte de l'édition allemande d'Un de Baumugnes et Regain, et réclame le chèque. «Dis-moi si avant la parution du Serpent d'étoiles j'ai le temps de te faire changer la page “Du même auteur”. [...] Ici printemps mais je suis emmerdé jusqu'au cou et je me fous des fleurs comme de mes premières culottes. Je travaille comme un boeuf. Si j'avais le pouvoir de noyer le monde dans de l'acide sulfurique mélangé à de l'urine de chameau nous serions tous morts avant de dire ouf»... 1934. - [21 septembre]. Sur le film de PAGNOL, Angèle, tiré d'Un de Baumugnes : «C'est un très mauvais film. Je m'y attendais mais pas à ce point. Je refuse absolument de donner mon autorisation de publication du scénario dans La Petite Illustration comme il était projeté et je serais très heureux si nous pouvions intervenir auprès de Pagnol pour qu'il supprime mon nom et le nom de mon roman des affiches de publicité, des programmes et du film lui-même. Nous n'avons ni toi, ni moi, rien à gagner à être associé à cette médiocrité - et au contraire tout à perdre. Que ma joie demeure s'avance vers la fin. Tu seras bien gentil de prévoir dès maintenant dans quelles revues tu as l'intention de faire paraitre des extraits. Tu auras bientôt la suite, puis la fin. Ça fera en tout 500 pages manuscrites soit 650 pages dactylographiées ou 700»... - [24 octobre ?]. Il a bientôt terminé Que ma joie demeure, et persiste «à dire qu'Angèle est une connerie et que ceux qui l'aiment sont des cons. [...] Refus absolu de publication du scénario [...] même pas pour dix millions or»... - [7 novembre ?]. Il aimerait lui présenter un personnage extraordinaire, son ami le vieux peintre Eugène MARTEL «qui vit seul au Revest du Bion (le pays le plus sauvage du monde avant le Thibet) un très grand peintre»... 1935. Préparation des Vraies Richesses, album photographique avec GERULL-KARDAS. - 30 janvier. Longue lettre dactylographiée : ils ont déjà une centaine de photos, parmi lesquelles ils doivent faire un choix drastique, autant du point de vue technique que poétique, «susceptible à la fois d'être l'illustration de mes précédents livres et pouvant se prêter au développement littéraire dont je les accompagnerais»... [Novembre] : le texte de l'album «est certainement style et pensée, le meilleur de moi. Je crois que ça tient seulement aux quarante ans et à l'équilibre (je me suis débarrassé d'une emmerdeuse de taille [sa maîtresse Simone Téry]) [...] Le texte de l'album est l'histoire de la marche qui a amené ma pensée de Colline à Que ma joie demeure [...] c'est un développement philosophique [...] une histoire en même temps pleine de dialogues et de faits vivants. En effet, j'ai pensé que puisque ces photos sont l'illustration de mes livres, il fallait non pas les accompagner de descriptions [...], mais faire voir par quel chemin je me suis tenu jusqu'à ce carrefour où le lecteur m'a rencontré. Si bien que ça devient un livre indispensable pour ceux qui essayent de comprendre Giono»... Les photos seront «classées par roman, soulignées chacune par la phrase qu'elles illustrent. Ça te fait donc un gros livre. Ce n'est pas un vulgaire album de photos que j'ai voulu faire, mais un “milieu d'oeuvre”», où le lecteur verra pourquoi il est arrivé là et se demandera ce qu'il va désormais faire «car moi, je sais ce que je vais faire»... On joint 3 télégrammes au même, 1931-1934.
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