Lot n° 493

LAMENNAIS Félicité de (1782-1854). 30 L.A.S. «F. Lamennais» ou «F.L.» et 20 L.A., 1835-1848, à Jean MARION ; environ 137 pages la plupart in-8, nombreuses adresses. Belle et importante correspondance avec un de ses amis les plus...

Estimation : 3000 - 4000
Adjudication : 600 €
Description
chers. Jean Baptiste Louis Marion (1772-1848), armateur et négociant malouin, se retira dans sa propriété du Bouvet en Pleudihen, sur les bords de la Rance ; il fut chargé par Lamennais et son frère Jean-Marie de gérer leur propriété de la Chênaie et les fermes qui en dépendaient ; Marion devint pour Lamennais un ami très fidèle, «le meilleur et le plus cher ami que j'aie en ce monde» (25 mars 1837). Nous ne pouvons donner ici qu'un rapide aperçu de cette très riche correspondance, où, à côté des problèmes financiers (les lettres sont souvent annotées par Marion), Lamennais confie ses analyses politiques, ses réflexions philosophiques, ses maladies et soucis de santé, ses humeurs souvent noires. 1836. 8 juin. L'apathie règne à Paris comme partout. «On se plaint de cette indifférence, et de l'égoïsme, et de la corruption tant active que passive. On ajoute, pour s'aider à prendre patience, que cela ne durera pas toujours»... 4 juillet. Même l'attentat d'Alibeau n'a pu troubler l'indifférence politique. «La société se repose. Elle a senti que la forme du gouvernement n'étoit qu'une question secondaire, que rien ne changeroit si cela seul changeoit»... 11 septembre. Commentaire désabusé sur les ministres impuissants, et rumeur d'une prochaine dissolution de la Chambre... 18 novembre, sur l'accueil fait à ses Affaires de Rome... 28 novembre. CHATEAUBRIAND et BÉRANGER ont bien réagi à son livre ; le clergé se tait... 1837. 5 février. Déception à la vente de sa bibliothèque ; décision d'accepter la direction du quotidien Le Monde... 8 mars, son emploi du temps ; on s'approche d'une crise ministérielle... 2 mai : «On m'a proposé une députation. J'ai répondu : à moi trop d'honneur, je ne suis ni éligible, ni électeur ; laissez là le pauvre prolétaire»... 1838. 26 janvier, contrefaçons du Livre du peuple ; analyse de la situation politique qui «languit »... 10 juin, lettre pleine d'ironie sur LOUIS-PHILIPPE... 28 juin, sur le procès de la Cour des pairs, et la volonté de mettre au pas l'armée... 20 juillet : «L'Europe est chaque jour menacée de plus près d'une guerre universelle»... 1840 (10 lettres). 21 novembre, avant son procès pour sa brochure Le Pays et le Gouvernement. 30 décembre, avant son emprisonnement à Sainte-Pélagie : «On est bien partout où le devoir conduit, et la condamnation sera beaucoup plus utile à la cause sainte que j'ai défendue et que je continuerai de défendre tant qu'il me restera un souffle de vie, que ne l'eût été mon acquittement »... 1841, de la prison de Sainte-Pélagie. 25 novembre, sur sa libération prochaine... 1842. 4 janvier, son installation rue Tronchet. Février, séjour en Bretagne à Tremigon. 16 août, sur la loi de régence... 1843. 3 novembre, profond dégoût pour le travail, comme il l'a dit dernièrement à CHATEAUBRIAND : «La seule vue d'une plume me produit l'effet d'un instrument de chirurgie»... 1844. 21 mai. La politique, c'est la mort et la putréfaction : «Ce devra être pour les peuples un étrange spectacle, que le cadavre de la France empoisonnée avec de la boue»... 7 novembre : «La France s'en va, on a pris à tâche de la tuer. [...] Il y a évidemment un plan concerté entre Louis-Philippe et les Puissances continentales pour rétablir dans toute l'Europe l'ancien despotisme qu'avait renversé parmi nous et ébranlé chez les autres peuples notre grande révolution»... 1845. 9 mars : «Je viens d'achever le 4e volume de ma Philosophie. J'y traite des sciences, c'est fort ennuieux. [...] Il me reste deux volumes à faire pour achever l'Esquisse»... 19 novembre : «L'Évangile est le livre éternel, et c'est pour cela que ce n'est pas le livre de ceux qui le portent dans leurs mains»... 1846. 11 février, explications sur le peu d'accord entre ses réflexions sur les Évangiles et celles sur l'Imitation... 23 mars 1848. Rapport sur la situation à Paris, depuis la Révolution ; il faut que les amis de l'ordre éloignent de la prochaine Assemblée nationale les partisans du pouvoir déchu, les légitimistes, les intrigants et les ambitieux. «La France a dans les mains son avenir»... On joint un important dossier de lettres adressées à Marion ou à son fils, et divers documents (notes et correspondances d'Arthur Du Bois de la Villerabel sur Lamennais, plan de Peudihen, etc.). PROVENANCE: Ancienne collection Roger Louis.
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