Lot n° 509

LOUŸS Pierre (1870-1925). 4 L.A.S. «P.» ou «Pierre», [mars-mai 1916], à son frère Georges LOUIS ; 5 pages et quart in-12, une adresse. Sur ses soucis et son état dépressif. Dimanche [20 mars]. «Je n'ai pas dîné ce...

Estimation : 400 - 500
Adjudication : 180 €
Description
soir, et c'est le moindre de mes ennuis. C'est même la plus naturelle de toutes les économies, et la moins pénible. [...] Tu ne sais pas ce que c'est (heureusement pour toi) que les derniers métros du dimanche soir. On s'y tue»... - Jeudi [6 avril]. Il est sorti pour aller voir Georges, «Mais dehors, même après avoir fait raser ma barbe de plusieurs jours, je me suis senti si démoli que je suis revenu sans vouloir me montrer et même sans dîner (j'en prends l'habitude). Ne t'exagère pas mon état : ce n'est pas de la neurasthénie, je ne suis pas malade. J'ai seulement une profonde tristesse, je ne peux plus voir personne sans me mettre à pleurer dès qu'on me pose une question... Enfin j'ai une crise de noir et de solitude»... - Vendredi [7 avril]. «A force de me sentir souffrant pour des raisons morales, je crois toujours que le moral est en cause. Ce qui m'a forcé de rentrer c'est de la fièvre et une sorte de bronchite ou grippe ou autre chose»... - Jeudi soir [4 mai]. Il regrette certains passages de la longue lettre qu'il vient d'écrire à Georges à propos de son travail littéraire : «j'aurais voulu les supprimer : il n'était plus temps ; et je me suis désespéré en me disant que tu ne sentirais peut-être pas avec quelle affection je t'écrivais tout cela. J'ai pleuré plusieurs fois au milieu de ma lettre, mais cela tombe sur mon buvard»...
Partager