Lot n° 31

KESSEL (Joseph). Le grand naufrage. Manuscrit autographe non signé, non daté (vers 1930). 28 ff., 13,5 x 21 cm, manuscrits au recto, avec 9 lignes au verso du dernier feuillet, volants, avec nombreuses ratures et corrections. Numérotés 1...

Estimation : 3000 - 4000
Description
à 17, 21 à 22, 2 ff. non chiffrés, 24 à 30. Manuscrit de premier jet, abondamment corrigé, d'une conférence de Kessel dressant les portraits vivants de plusieurs membres de la communauté russe de Paris. S'adressant directement à son public lors d'une soirée officielle, (universitaire ou associative ?), il commence par évoquer ses origines russes, dont il se dit imprégné pour toujours, puis se consacrant à ces "rescapés d'un immense naufrage" (p. 4), il dresse les portraits d'éminents émigrés : Serge de Diaghilev (sa force, son anachronisme ("Il ne disait jamais : le tzar ou Nicolas II. Il disait toujours Sa Majesté, comme si rien n'avait changé dans son pays.", p. 6), les répétitions des Ballets russes ; le peintre Alexandre Iacovleff (à partir de la p. 7), et leur rocambolesque rencontre en 1919 dans un wagon de la Cie des wagons-lits d'Extrême Orient (il le prit d'abord pour un musicien ; "j'eus la joie d'écrire le premier article qui ait paru sur lui en France", "Il peint chaque jour, vous entendez bien, chaque jour", p. 9) ; le sculpteur Léon Indenbaum (p. 11). Dans une deuxième partie, il évoque "les figures illustres ou étrangères pour lesquelles la révolution d'octobre a été un véritable renversement de vie" - dont le prince Félix Ioussoupov, neveu de l'Empereur ("avant tout, couplée à lui, surgit indissociable (...) la face de Raspoutine") ; Michel Tolstoï, le plus jeune fils de Léon Tolstoï… "naufragés" et "fantômes" pour lesquels il espère avoir avoir composé un discours de "reconnaissance à leur malheur" (p. 30 verso). Ce thème de la culture russe avait été déjà été abordé dans une conférence, donnée à Monaco en février 1927 devant les membres de la Société de Conférences de la principauté de Monaco, plus précisément sur la littérature russe, poésie et prose. Le texte de cette conférence de Monaco (qui est très différent de ce manuscrit) fut publié sous le pseudonyme Jacques Kessel : Littérature rouge. Monaco, Société de Conférences de la principauté de Monaco, 1927 (in-8 de 45 pages).
Partager