Lot n° 48

CÉLINE (Louis-Ferdinand) — Mort à crédit.

Estimation : 20000 - 30000 €
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Description
Paris, Denoël & Steele, 1936. In-8, maroquin noir au champ orné d'une riche composition mosaïquée alternant des pièces irrégulières de box blanc, gris, rouge et grenat, dos lisse titré verticalement à l'or, doublures et garde de daim fuschia serties d'un listel de box gris perle, tranches dorées sur témoins, couverture et dos, chemise et étui gainés du même maroquin (C. & J.-P. Miguet, 1994).Édition originale du deuxième roman de Céline, dédié à Lucien Descaves.
Ce récit de l’enfance de Ferdinand, perdu dans le Paris d’avant la Grande-Guerre, au sein d’une famille déchirée par la misère, puis aux côtés de l’inventeur Courtial des Pereires, affronta d’innombrables critiques à sa parution. Le titre initial avait été L’Adieu à Molitor. La férocité du récit faisait déjà partie de l’œuvre de Céline, mais le style exacerbé déplut : les expressions argotiques, les néologismes, la « musique célinienne » et le rythme des phrases, les trois points furent interprétés comme autant d’artifices… À cet orage de critiques sans précédent, Céline ne répondit pas, mais pour le défendre, Denoël publia en juillet 1936 Apologie de Mort à crédit, et rappela les violentes attaques qui avaient accueilli L’Assommoir de Zola.
Un des 22 exemplaires hors commerce, non censurés, du tirage de tête sur japon impérial (n°XV), parmi les 47 exemplaires imprimés sur ce papier, les autres ayant été caviardés.
Seuls les exemplaires hors commerce offrent le texte intégral du roman : tout le reste du tirage, grands papiers compris, a été expurgé à la demande des éditeurs des passages les plus crus et licencieux, qui ont été laissés en blanc dans le texte. La version complète ne fut jamais publiée du vivant de Céline.
Précieux exemplaire dans une magnifique reliure mosaïquée de Jean-Paul et Colette Miguet.
On y a ajouté une importante lettre autographe de Céline, signée Louis (Le Havre, s.d., 6 pp. in-4 repliées et montées sur onglets en tête du volume) :
Mon vieux fiston,
Rentré après ce voyage bien précipité et dans l'ensemble bien raté à tous égards. Assez mal foutu d'ailleurs au surplus.
J'ai retouvé Pipe avec sa cargaison de désastres coutumiers ; enfin la série, l'avalanche merdeuse que tu connais de ma mère, de ma fille, ... mêmes couplets avec variantes. Je reste ici qqs jours. Je pense à mes boulots. Seule petite consolation bientôt dans cette chierie invraisemblable, ce cauchemar toujours renouvelé, cette pétaudière écœurante.
[...]
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