Lot n° 40

BOLO PACHA (Paul Marie Bolo, dit ; 1867-1918). Lettre autographe signée, adressée à « Maître » [i.e. Maître Couronne, avoué à la Cour]. La Santé 4 Mars 1918. 2 pages ½ in-4 (pli en 4, trous d'épingle) ; enveloppe (usagée). Exceptionnelle...

Estimation : 200 - 300
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Description
et touchante missive, l'une des dernières lettres écrites par un condamné à mort. Homme d'affaires peu scrupuleux, aventurier au parcours romanesque qui le mènera de France en Espagne, puis en Argentine, et de nouveau à Paris Paul Marie Bolo était devenu en 1914 le conseiller financier du khédive d'Egypte qui lui attribua le titre de « pacha ». Une enquête des services secrets français dévoile en 1917 que d'importantes sommes d'argent ont été virées par une banque allemande sur des comptes bancaires à New York, au nom de Paul Bolo, ceci afin d'acheter un positionnement pacifiste de journaux français. Pour intelligence avec l'ennemi, Bolo sera condamné par le Conseil de Guerre de Paris 14 février 1918 et exécuté le 17 avril au Fort de Vincennes. La lettre, d'une écriture ample et aérée, sur un papier de qualité, reflète dès le premier coup d'œil la qualité de dandy qui caractérisait Paul Bolo. Bolo ne vise qu'à s'excuser, auprès de l'avoué Couronne, qui vient d'être chargé semble-t-il de présenter un recours en grâce, du désagrément auquel il va faire face, en tentant de défendre la cause perdue d'avance. « Mon adorable défenseur Me Albert Salles me fait part du vilain tour qu'on vous a joué en vous confiant mes intérêts à défendre. Hélas je ne vous apprendrai rien en vous disant que je n'ai pas la côte (sic) d'amour devant vos tribunaux [...] Je ne puis que vous offrir la profonde gratitude dont mon cœur déborde en ce moment pour les quelques rares points d'appui que je vois autour de moi [...]. Il formule encore une fois sa reconnaissance, puis signe « Bolo Pacha, condamné à mort par l'injustice militaire ». On joint une lettre autographe signée de l'abbé Henri BOLO (1858-1921), frère du condamné et qui témoigna à son procès. Adressée au même avoué Couronne, en réponse à un courrier reçu de celui-ci. La Chaise, St-Georges-sur-Cher [en-tête], 20 nov[embre] [19]19. 3 page in-8° (pli en 4), enveloppe. L'abbé répond à propos du premier mariage de Paul Bolo, contracté en Argentine avec une chanteuse, Henriette Maille dite De Soumaille : «... je considère le mariage Soumaille comme nul, radicalement nul, l'action de [un mot] Soumaille comme une manœuvre équivoque et intéressée, de sorte que j'y ferai pour ma part toute l'opposition possible... ». Il précise que Paul Bolo s'était alors marié sous un faux nom, Bolo de Grangeneuve, fournissant un faux état-civil, ce qui rend caduc l'acte de mariage.
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