Lot n° 186

Pétrarque (François). (M)Essire Fr a cois petrarque des remedes De lune & lautre fortune : prospere & adverse : nouvellem é timprime aparis. Paris, Jean Petit, s.d. [1534]. In-folio, veau blond, triple filet à froid, dos orné, pièces de titre...

Estimation : 1000 / 1500
Adjudication : 2 800 €
Description
bordeaux, non rogné (Reliure de la fin du xixe siècle). Bechtel, P-118. — Brun, p. 272. — Moreau, IV, n°1110. — Mortimer, French books, n°425. Seconde édition française du De remediis utriusque fortunae de Pétrarque (1304-1374), traité sur le bonheur et le malheur des hommes, traduite par Jean Daudin (^ 1382) à la demande de Charles V. On sait que celui- ci, bachelier en théologie et chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris dans les années 1360-1370, fut récompensé pour son œuvre et reçut de la part du roi, en avril 1378, une somme de 200 francs d’or (cf. Léopold Delisle, Anciennes traductions françaises du traité de Pétrarque sur les remèdes de l’une et l’autre fortune, 1891 , pp. 89). L’édition, imprimée en lettres bâtardes sur deux colonnes et agrémentée de nombreuses lettrines, a été partagée entre plusieurs imprimeurs et libraires parisiens tels que Pierre Cousin, Pierre Gaudoul, Antoine de La Barre, Jean Petit, ou encore Denis Janot. S’ouvrant sur un titre en rouge et noir dans un encadrement gravé sur bois, avec une élégante initiale carrée M, elle est illustrée de 11 belles figures sur bois, disparates. Certaines d’entre elles proviennent du fonds d’Antoine Vérard, à l’image de la première figure censée représenter l’entrée de Charles VIII à Paris, apparue pour la première fois dans les Chroniques de France de 1493 (cf. Claudin, II, reproduction p. 454). Le bois montrant le siège d’une cité en présence du roi et de sa garde provient d’une suite auparavant utilisée par la famille Le Rouge et a déjà se^i pour l’édition parisienne de 1515 des Gestes romaines de Tite-Live. Les autres bois sont des réemplois de ceux de la première édition publiée par Galliot du Pré en 1523. Parmi ceux-ci, signalons le bois où l’on voit des joueurs de cartes et de dés autour d’une table, des astronomes ainsi que deux personnages s’essayant au ieu de la paulme. Le superbe encadrement de titre, portant la marque et le nom de Denis Janot, a été commandé en 1532 par ce libraire à un artiste anonyme désigné sous le monogramme formé des lettres gothiques I et F liées, pour son édition de Méliadus de Léonnois (cf. Brun, p. 50 et pl. X). L’encadrement est en forme de portique avec des tribunes et se compose de différentes scènes profanes. On y remarque, entre autres, le Jugement de Pâris, des musiciens, le suicide de Pyrame et de Thisbée, la Mort et les amoureux, etc. ; le groupe de personnages se réjouissant autour d’une table, qui se trouve en bas à gauche, est inspiré d’une planche sur le thème du Jardin de l’amour (Der Liebesgarten) attribuée à Hans Sebald Beham, l’un des petits maîtres de la gravure allemande du XVIe siècle (voir le catalogue de la collection W. L. Schreiber, 1909, n°170 et reproduction pl. XXIX). Ex-libris à la plume d’un monastère daté 1666, en partie raturé, à la fin du volume. Cachets monogrammés à l’encre bleue sur le titre et répétés. Ex-libris gravé de la bibliothèque du château des Rozais, résidence de la famille rémoise de Louis Pommery, et de L. Froissart. Les feuillets Ai, E et L6, sont en fac-similé, les deux premiers étant chacun ornés d’un des beaux bois à pleine page provenant de Vérard. Marge renforcée au titre et à quatre feuillets, petit renfort de papier masquant quelques lettres au verso du feuillet a4. Quelques mouillures claires, titre sali.
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