Lot n° 218

Virgile. Publii Virgilii ma ô is opera. [Au colophon] : Strasbourg, Johannes Grüninger, septembre 1502. In-folio gothique, demi-veau brun moderne sur ais anciens couvrant les deux-tiers des plats, décor losangé à froid, restes de fermoirs...

Estimation : 5000 / 6000
Adjudication : 11 500 €
Description
métalliques, dos à trois gros nerfs portant le titre doré (Reliure moderne). Kristeller, pp. 32 et suivantes. — BBA, Muller, Strasbourg, II, p. 23, n°15. — Muther, I, pp. 79-81. PREMIÈRE ÉDITION ILLUSTRÉE DES ŒUVRES DE VIRGILE. Sortie des presses de Johannes Grüninger, dont la marque typographique se trouve à la fin du volume, cette somptueuse édition est l’un des chefs-d’œuvre de l’imprimerie strasbourgeoise à la Renaissance. Elle fut confiée à l’humaniste Sébastien Brandt, l’auteur du fameux Narrenschiff. Celui-ci exhuma pour ce projet ambitieux plusieurs manuscrits retrouvés en Allemagne et joignit ses commentaires à ceux de cinq glossateurs, parmi lesquels figurent Cristoforo Landino et Antonio Mancinelli. L’impression du texte a été réalisée en caractères romains, avec le texte de Virgile présenté au centre des pages et les nombreux commentaires disposés autour de celui-ci en plus petits caractères. Le titre est quant à lui imprimé en caractères gothiques en rouge, sur une ligne qui surmonte une gravure à pleine page. REMARQUABLE ILLUSTRATION composée de 214 gravures sur bois en premier tirage, dont une sur le titre, près de 40 à pleine page et une à double page. Cette dernière, très belle, montre Achates et Éneas qui observent une représentation de la guerre de Troie dans un théâtre du Moyen Âge. Les gravures ont été exécutées par au moins deux artistes anonymes travaillant dans l’atelier de Grüninger, et, bien qu’elles soient de mains différentes, elles conservent une certaine unité stylistique. Soulignons que tous les personnages sont vêtus comme des paysans ou des chevaliers allemands du XVe siècle, et que les châteaux et les forteresses du Rhin ont remplacé les palais antiques évoqués par Virgile. Aux bois à sujets bucoliques qui illustrent Les Géorgiques s’opposent ceux, violents et guerriers, de L’Énéide. Les mêmes bois ont été réutilisés jusqu’au milieu du XVIe siècle pour illustrer d’autres éditions de Virgile. On apprend même que certains d’entre eux servirent de modèles pour une soixantaine d’émaux limousins réalisés vers 1530 (cf. J.-J. Marquet de Vasselot, Une suite d’émaux limousins à sujets tirés de l’Énéide, 1912). Le titre et le feuillet A6 sont réemmargés, le dernier feuillet est doublé avec perte de quelques mots au texte. Angle inférieur du feuillet LL7 restauré. Le bois du feuillet M4 est très légèrement coupé sur le bord. Déchirure restaurée au feuillet S7. Quelques mouillures.
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