Lot n° 182

1922. 10 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES et 2 CARTES POSTALES. – Menton, les Colombières, 7 fév. 1922. L.A.S. 4 pp. in-8. F. B. se relève de six semaines de maladie et pointe avec humour les reproches que lui a valu son silence épistolaire. « Les reproches m'eussent suivi dans l'éternité si les malheurs avaient voulu que j'eus rejoint la planète Vénus, rendez-vous......

Estimation : 500/600
Description
- Menton, les Colombières, 7 fév. 1922. L.A.S. 4 pp. in-8. F. B. se relève de six semaines de maladie et pointe avec humour les reproches que lui a valu son silence épistolaire. « Les reproches m’eussent suivi dans l’éternité si les malheurs avaient voulu que j’eus rejoint la planète Vénus, rendez-vous général des bons esprits et de l’élégance du cœur /.../ le malade reçoit des missives où il lit au fond de son lit de douleurs, enveloppé de linges poivrés, qu’il est dégoûtant d’oublier ses amis et qu’il court la godaille carnavalesque avec ses maîtresses... ». F. B. évoque ensuite avec sérénité le gouffre financier où l’a plongé la publication de son livre sur Rome. - Menton, les Colombières, 6 mars 1922. L.A.S. 4 pp. in-4 sur papier à en-tête imprimé, reproduisant une fresque l’escalier de la villa. F. B. est encore en convalescence suite à sa congestion pulmonaire, parle de l’avancée des travaux des jardins des Colombières et évoque avec sérénité sa ruine, occasionnée par la publi- cation de son livre [La volupté romaine]. « Je me sens comme cet homme que je voyais en 1879 couché chaque matin sur les marches d’une église sur la Zattere à Venise. Il me souriait. Il me saluait. Nous étions des amis. Chaque soir il regardait à côté de lui sa miche de pain et il ne quittait sa bonne place que lorsque les moineaux avaient mangé ses dernières miettes. C’était là sa philosophie adriatique... ». - Menton, 23 mars 1922. L.A.S. 1 p. 1/2 in-12. Vignette en-tête collée. Enveloppe à l’adresse de la baronne Antoine de Brimont, bd Caramancel, Hôtel de Paris, Nice. Rendez-vous pour un déjeuner. - Menton, 23 mars 1922. C. P. F. B. demande un rendez-vous à son amie et donne des nouvelles de sa santé. « Ce qu’il nous faudrait ce serait un corps astral, suffisamment étoffé pour nous permettre de participer à la vie, laquelle est supportable quand on ne traîne pas sans cesse une carcasse fêlée ! ». - Menton, 1er avril 1922. L.A.S. 2 pp. in-12. F. B. propose à ses amis de visiter la villa Fiorentina en s’adressant au jardinier. « Vos amis sont charmants, mais Mr Valery ne croit guère à Zeno ». - Menton, dimanche des Rameaux 1922. L.A.S. sur papier en-tête avec vignette. 2 pp. 1/2 in-4. Bien que malade, F. B. se réjouit de la visite que lui ont fait ses amis aux Colombières. « J’aurai voulu tenir ma pro- messe faite à Mr Valery de lui montrer le Garavanais et la Fiorentina mais hélas mon état de santé était rede- venu /.../ précaire... ». Il présente ensuite la reproduction au trait d’une grande fresque en grisaille qui s’exécute dans le vestibule des Colombières [vignette en-tête]. - Menton, 24 mai 1922. L.A.S. 1 p. in-12. F. B. adresse à ses amis les premiers feuillets de son « livre romain ». - Versailles, 28 juin 1922. L.A.S. 3 pp. in-8. F. B. évoque à nouveau son livre : « Il est tombé la semaine du Grand Prix et cette atmosphère sportive, doublée de celle des fêtes et galas ne convient pas à son genre de beauté... ». - Château de Reuilly, Oise, 31 juillet 1922. C. P. F. B. annonce à ses amis qu’il doit quitter son logement à Versailles : « Vous savez que l’on m’y met à la porte pour faire de la spéculation de loyers /.../. Ainsi s’accom- plit la destinée des poëtes... A Nice, je suis menacé de la même spéculation... ». - Paris, 20 oct. 1922. L.A.S. 3 pp. in-12. « On a tiré votre horoscope ! /.../. Votre charmante amie est encore menacée par de mauvais fluides... ». F. B. annonce ensuite son départ pour la Côte d’Azur, souhaite un bon hiver à son amie et donne quelques conseils : « Disposez votre couche de manière à avoir les pieds tournés vers le couchant /.../ Ne riez pas ! Je crois à une influence solaire par rapport à sa marche... ». - Le Monastère, Ville d’Avray (de passage) [nov. 1922]. 1 p. in-4. Enveloppe. F. B. revient sur ses problèmes de logement : « Ici, l’abbé, La Sizeranne et plusieurs amis sont venus dire adieu à mon vieux logis. Cette période est dure, je n’ai aucun service et l’été m’a mal réussi. Le 25 j’emporte tout ce que j’ai gardé du nau- frage de ma vie matérielle /.../. A Nice aussi je suis menacé et traqué. La maison des Collinettes est vendue à un charcutier de Nice qui compte en faire un hôtel. On est poussé dehors, les poètes, « la gente polie », à coups de coudes et à coups de pieds... ». - Les Colombières, 25 déc. 1922. 3 pp. in-4. Enveloppe. Sur papier en-tête, Les Colombières, Menton, Garavan. Vignette collée. F. B. réaffirme avec force son amitié, puis il commente l’image « du Hadès », jointe. « C’est par anticipation de mon prochain livre Odysseus et comme une primeur, un essai des illustrations. Vous allez me dire que je suis fou alors que je n’ai pas encore trouvé un centime de La Volupté romaine, mais voyez- vous, tant pis, je continue à créer, à imaginer, à me dépenser dans l’adversité matérielle comme si mes ans étaient couronnés de printemps ! C’est la source de la vie... ». - Menton, Les Colombières s.d. [1922]. 4 pp. in-12. BELLE LETTRE où Ferdinand Bac développe, citant Poussin - « Le but de l’art est la délectation » - sa conception de l’art : « Il est vrai que j’ai appris à aimer la simplicité, il est vrai que j’ai vomi l’ornement et l’épilepsie des formes. Il est vrai que j’aime les couleurs franches, les tra- cés purs, les formes qui ont un sens /.../. Je vais aussi me guérir de faire des caricatures et des vers de mirli- tons... ». « Je suis présentement avec les Philosophes, avec Socrate et avec Spinoza, ces deux étoiles tombées du ciel dans une ménagerie. C’est un accident astronomique bien pénible pour eux mais dont quelques Terriens profitent pour se consoler du chavirement universel des goûts et des consciences ».
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