Que ferons-nous de nos bibliothèques ?
Que ferons-nous de nos bibliothèques ? ? ?
Je viens de ressentir pour la première fois l’angoisse des intellectuels dès qu’ils comprennent qu’ils mourront un jour : qu’arrivera-t-il à leur bibliothèque ? Qui en voudra ? Qui la comprendra ? Qui comprendra les milliers de petits émerveillements à l’origine de tel achat, de tel passage souligné, de tel signet oublié ? Que se passe-t-il si nos enfants n’en veulent pas ? Faudra-t-il la disperser, la vendre, la liquider ? Et que se passera-t-il si quelqu’un tombe, par hasard ou non, sur les livres que nous dissimulions en deuxième rangée, et que nous ne montrions qu’aux amis les plus intimes, qui peuvent comprendre ce qu’on y trouve ? Car il y a des livres qu’on lit sans l’avouer, puisque les valeurs de l’époque les réprouvent ou les condamnent C’est fou comme on se dévoile, d’ailleurs, quand on laisse quelqu’un entrer dans sa bibliothèque ! (suite…)
