Lot n° 215

François-Aymar, chevalier de MONTEIL (1725-1787) marin, il se distingua dans la guerre d’indépendance des États-Unis. L.A., Brest 23 juin 1776, à son frère Charles François Just, marquis de Monteil ; 8 pages in-4.

Estimation : 1500 / 2000
Adjudication : 1600 €
Description
Belle lettre écrite avant son départ pour Saint-Domingue. [Entré dans la marine en 1741, François-Aymar de Monteil effectua plusieurs campagnes, notamment au Levant, aux Antilles, en Inde et à Terre-Neuve, avant de recevoir le commandement de la frégate de 40 canons la Renommée dans l’escadre d’évolutions placée sous les ordres de Duchaffault de Besné. Le 20 avril 1776, son bâtiment échoua sur un récif près de Brest ; la frégate fut sauvée, et Monteil, traduit en conseil de guerre, fut acquitté après avoir été défendu par son chef d’escadre.] Monteil annonce à son frère son prochain départ pour Saint-Domingue. Il regrette que le secret de cette mission ait été mal gardé et s’étonne d’avoir été désigné pour commander une frégate, alors que des officiers plus jeunes que lui dirigent des vaisseaux de 74 canons. Son frère, qui doit rencontrer le ministre, pourrait intervenir en sa faveur : « Je m’abstiendrai de rien dire à M. de Sartine, dont il put inférer que je pars mécontent; de votre côté, faites lui envisager la manière dont il me traite, et que du moins, il doit en toute justice, envoyer le plus tôt possible une des 10 ou 12 frégates qu’on dispose ici, me relever, pour qu’en cas d’armement je prenne ma place, et qu’il doit honnêtement me laisser le moins longtemps possible aux ordres, ou de M. Dennery, ou à ceux de M. de Traversais mon cadet, surtout n’ayant point de division à mon commandement, et me trouvant très déplacé sur la plus belle frégate mais la moins logeable et la plus incommode que corsaire ait jamais monté »... Il ajoute : « J’avoue qu’en ce qu’il m’est permis de voir ici de mes paquets, il est apparent que je ne prendrai point de vivres à St Domingue, qu’ainsi j’en repartirai le plus tôt qu’il se pourra. On me recommande de tenir la mer, de relâcher dans les ports le moins possible. Jamais recommandation ne fut plus superflue, lorsqu’on doit supposer que je sais que les ports jusque vers la fin de septembre en ces climats, sont les plus malsains qu’on puisse l’imaginer, et quand heureusement la mer, en ce temps, est toujours assez saine »... Il annonce qu’il va demeurer à bord de son bâtiment, et qu’il quittera Brest pour Cadix avec trois autres frégates dès que les vents seront favorables. « Vous sentez [...] combien il m’importe d’être instruit de ce que vous aurait pu dire le ministre quand vous pourrez le voir et lui demander que vu l’apparence d’un grand armement, il ne me laisse pas en une colonie aux ordres de tout le monde, avec ma frégate où je suis dépourvu de toutes commodité. Que ce serait me faire payer trop cher un malheur, où le conseil de guerre m’a jugé innocent : que sans ce malheur, armant de grands navires, il n’eut pu avoir l’idée de m’en priver, pour me restreindre à une seule frégate désormais le lot de nos lieutenants »... On joint 6 lettres et documents : L.A. (minute) du chevalier de Monteil, à bord de la Renommée 15 avril [1776] (2 p. in-fol.), relatant une sortie effectuée au large de Brest avec la Perle et le Moucheron, et évoquant les qualités de la Renommée comparable à l’ancienne Sylphide, aussi bien pour gouverner que pour porter la voile. Lettre écrite en son nom, Môle Saint-Nicolas [Saint-Domingue] 7 janvier 1777 (2 p. in-4). Il est question de la maladie de Monteil, atteint d’une « fièvre continue », de la protection du cabotage libre le long des côtes de Saint-Domingue, et de la guerre d’Indépendance américaine : « Les bâtiments américains anglais paraîtront peu à l’avenir dans ces parages, si toutefois ce que nous apprîmes hier par un capitaine de bateau français venant de New Iork est vrai. Il assure que les troupes royalistes n’étaient à son départ qu’à cinq milles de Philadelphie, que le Congrès en était délogé, que chacun fuyait et abandonnait cette ville. Les Hessois et les Ecossais au dire de ce capitaine ont le plus contribué au succès du général Howe ». P.S. par Michel, description du gréement de la Renommée, Brest 7 mai 1777 (1 p. in-4), avec les dimensions, en pieds, des différentes voiles de la frégate (envergure, chute et bordure). 2 L.A.S. par F. Hofer, augustin, aumônier du bagne, Brest 24 et 26 mai 1777 (3 p. in-4), sur ses dépenses lors de ses campagnes avec le chevalier de Monteil. « Devis de la frégate du roy la Renommée au retour de la campagne de 12 mois 25 jours, finie le 29 avril [1777], que cette frégate vient de faire sous le commandement de Mr le Cher de Monteil, faisant partie de l’escadre commandée par Mr le Cte Duchaffaut, et ensuite aux côtes de St Domingue » (2 p. in-fol., qqs défauts, la fin manque) : caractéristiques techniques du bâtiment, embarquement du lest et des munitions au départ de Brest en juin 1776… Provenance : archives personnelles de François Aymar, chevalier, puis baron de Monteil.
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