Lot n° 95

TENCIN (Claudine-Alexandrine Guérin, marquise de). — Mémoires du Comte de Comminge. — La Haye : J. Neaulme, 1735. — In-12, 159 x 93 : (3 ff.), 184 pp.

Estimation : 400 - 500
Adjudication : 1 500 €
Description
Veau marbré, dos lisse orné de chats dorés, tranches rouges (reliure de l’époque).

Édition originale rare de ce roman de Madame de Tencin (1682-1749), femme de lettres et célèbre salonnière.

« Ce court roman dont la trame évoque l’aventure de Roméo et Juliette, décrit l’amour intrépide et dévorant qui naît entre le jeune Comte de Comminge et Adélaïde de Lussan, tous deux marqués par la haine de leurs pères. Cet amour-là ne fera que scander les étapes d’une marche funèbre. Les âmes sensibles, comme dans le grand roman baroque, créent les circonstances extraordinaires dont elles ont besoin pour connaître toute leur faculté d’aimer et de souffrir. Mme de Tencin, cependant, y aménage de façon discrètement subversive les données traditionnelles que le roman classique avait léguées à l’aube des Lumières : elle confère à son roman un caractère mélodramatique, pessimiste et en même temps protestataire. La critique moderne a en effet bien mis en évidence la double protestation contre la société et l’incompréhension masculine d’une part, et l’effort d’une image sublimée de la femme d’autre part, ce qui fait véritablement de Mme de Tencin l’une des premières interprètes du féminisme français » (présentation faite par les éditions Prodinnova à l’occasion de la réédition de l’ouvrage en 2019).

Le succès littéraire de ce roman fut immédiat et celui-ci connaîtra de nombreuses rééditions jusqu’à nos jours, également sous le titre Le Comte de C. ou les Amants malheureux.

EXEMPLAIRE DE LA MARQUISE MARIE DU DEFFAND (1697-1780), portant son emblème aux dos représentant un chat assis.

Marie du Deffand, née Marie de Vichy-Champrond, était une femme de lettres. Elle épousa le Marquis Du Deffand, Lieutenant Général de l’Orléanais, au sortir du couvent. Après la mort de son mari, elle s’installa dans l’appartement jadis habité par Mme de Montespan où elle reçut de grands seigneurs, spirituels et cultivés, ainsi que des hommes de lettres et de science, tels que le Duc et la Duchesse de Choiseul, les Boufflers, la Duchesse de La Vallière, Turgot, Loménie de Brienne, mais aussi Fontenelle, Voltaire, Marmontel, Marivaux, Diderot, D’Alembert, Horace Walpole, etc.

Les lettres qu’elle adressa en grand nombre à plusieurs de ces personnalités, forment un ensemble unique sur l’histoire de la société au XVIIIe siècle.

Coiffes arasées, charnières fendues, deux coins émoussés. Voir pour cette même provenance le numéro 71.
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