Lot n° 80

SARTRE (Jean-Paul)]. – VANETTI (Dolorès) — Ensemble d'environ 250 lettres autographes et dactylographiées adressée à Jean-Paul Sartre.

Estimation : 800 - 1000 €
Adjudication : 1 750 €
Description
1945-1949 et s.d. IMPORTANTE CORRESPONDANCE AMOUREUSE. Journaliste, comédienne et poétesse franco-américaine, Dolores Vanetti vécut une brûlante passion amoureuse avec Jean-Paul Sartre qu'elle avait rencontré aux États-Unis en 1945. Elle joua par ailleurs auprès de lui, à cette époque, un rôle important en lui faisant découvrir l'Amérique, et en l'introduisant auprès de diverses personnalités résidant en ce pays comme Calder, Duchamp ou Dos Passos.

« ... Je suis là devant cette page blanche à vouloir te dire de toutes mes forces mais je t'ai déjà tout dit. Si je cours après une image pour te caresser avec je la reconnais pour te l'avoir déjà montrée – tu sais les poètes ? S'ils sortaient hors de leur conception du monde ils seraient sans outils – et sans voix – ils seraient n'importe qui. Breton n'a plus rien à dire. C'est plutôt gentil, tu sais, qu'il rappelle au monde "avoir été", articulé une fois. Cocteau s'acharne, c'est plus courageux et moins touchant. Il disait ici : "La France est une blessure" (et il enchaînait) "[Or] chacun sait qu'une blessure qui suppure se guérit !" et aussi : "La France ? mais elle est anarchique, voyons ! comme toujours !! = conservativement anarchique". Mon Jean-Paul, je voudrai[s] tant finir avec un geste que tu sentirai[s] physiquement. Je voudrai[s] tant te faire "simplement – plaisir". Je me vois bien, tu sais. je ne suis pas une maîtresse drôle, oh non ! et crois bien que je sympathise, et le plus drôle, c'est que j'essaie de l'être, drôle ! Cet échec de ne jamais l'être, tu sais ? en essayant, pourtant – tu es gai facilement et ça fait si frais ! Souvent mon existence fait pelletées de terre sur ta joie et c'est moi qu'on enterre. Si je te fais mal, il ne faut pas, Jean-Paul, tu penses ! Mon amour, je suis la barbe que tu rases et les ongles que tu coupes et les mots qu tu traces. Je meurs avec toi un peu tous les jours : comment sont les autres filles qui ont un amant ? J'aimerai[s] savoir. Quand j'écris ton nom, j'efface ou je crée le monde (selon ton choix). Jean-Paul, mon adoration. » — Etc.

Joint, quelques courriers également adressés à Jean-Paul Sartre, plusieurs portraits photographiques et coupures de presse.
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