Lot n° 511

MALLARMÉ Stéphane (1842-1898). L.A.S. «Stéphane Mallarmé», Valvins Mercredi [11 mai 1898], à Paule GOBILLARD ; 2 pages in-12. Jolie lettre déclinant une invitation, alors qu'il travaille à Hérodiade. [Les demoiselles...

Estimation : 1500 - 2000
Adjudication : 1 000 €
Description
Gobillard et Julie Manet avaient invité Mallarmé à une soirée le 19 mai : «Une heure de musique et tour de valse».] «Alors, on vient ainsi me tirer, par les cheveux, hors de mes rosiers grimpants : ce n'est pas un tour de valse, que je ferais, si j'allais ; mais trois. Seulement, que dirait ma vieille compagne, en robe de satin noir, qui bave, Lilith ? vous figurez-vous qu'elle me laisserait partir... Le théâtre s'évapore en concert ; je regretterai l'un et l'autre et de ne revoir trois robes qui m'impressionnèrent, plusieurs soirs, cet hiver. Ce que je deviens, pas grand'chose ; j'ai remis en scène le jardin, très désuet ; et, aujourd'hui seulement, suis retombé dans le travail sérieux. Souvent, par ces jours de Salons, j'ai suivi, au Champ de Mars, les évolutions, entre la foule, de l'escadron ; car j'espère bien, Paule, que Jeannie est remise. Elle ne m'avait pas dit, quand j'eus le plaisir, de la charger de mon adieu pour toutes, qu'elle projetait ce gros malaise. A-t-on pu, au moins, le devancer et se rendre au bal d'horticulture : quel mécompte si les robes étaient intactes ! Il faudrait venir, avec, ici ; ce serait, du reste, les seules fleurs, encore. Julie a été citée, dans la Revue Blanche, à l'article traitant des Indépendants ; dire que je suis parti sans rien voir ! Je vous embrasse, les enfants ; avec qui je ne danserai pas ! Hélas, hélas, hélas !»...
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