PINDER (Ulrich). Speculum passionis domini Ihesu christi. Nuremberg, [imprimeur de la Sodalitas Celtica, F. Peypus (?)], 30 août 1507. In-folio (303 x 210 mm), maroquin havane, guirlande à froid sur les plats dans un triple encadrement de deux filets dorés avec fleurons d’angle et motif central de forme ovale composé de volutes et d’entrelacs en réserve sur fonds doré, dos à nerfs orné de fleurons dorés, large retour intérieur orné de roulettes et filets dorés, tranches dorées (Lortic).
Première édition de ce récit de la Passion accompagné de prières et commentaires, un des très beaux livres illustrés de la Renaissance allemande. Il est magistralement orné de : - trente-neuf grands bois à pleine page en premier tirage, dessinés et gravés spécialement pour l’ouvrage. Trente-sept d’entre eux – soit trente-deux compositions auxquelles s’ajoutent cinq répétitions – sont l’œuvre de Hans Schaüfelein, qui a signé de son monogramme les figures des feuillets M2v et N2v. L’ouvrage est le premier à contenir des bois signés de cet artiste. Les deux autres compositions sont dues à Wolf Traut (D4v) et Hans Baldung Grien (L6r). - un bois aux trois quart de page par Hans Baldung Grien et trente-sept vignettes, dont neuf grandes, la plupart par Schäufelein et Grien. La grande crucifixion de Grien (L6) ainsi que la plupart des vignettes avaient figuré auparavant dans le Beschlossene Garten des Rosenkranzes Mariae (1505) du même Pinder, médecin personnel de l’archiduc Frédéric de Saxe et auteur de plusieurs ouvrages. L’Allemand Hans Schäufelein (vers 1480-vers 1540) et l’Alsacien Hans Baldung, dit Grien (vers 1484-1545) furent formés tous deux à Nuremberg dans l’atelier d’Albert Dürer. L’influence de la Grande Passion est sensible dans l’œuvre présente de Schaüfelein. Superbe exemplaire, grand de marges et d’un tirage parfait, finement et élégamment relié par Lortic. Outre la signature habituelle du relieur au premier contreplat, figure ici sa rare étiquette sur la première garde. Le recto du dernier feuillet (blanc) est occupé par un texte manuscrit en latin soigneusement calligraphié à l’encre brune d’une main de l’époque.
Acquis par Émile Rossignol en 1953.