Lot n° 23

SAINT-GELAIS (Octavien de). Sensuyt le Sejour Dhonneur compose par reverend père en dieu messire Octavien de sainct gelais Evesque dangoulesme. Nouvellement imprime a Paris. Paris, Veuve Jehan Trepperel et Jehan Jehannot, s.d. (1519 - 1520).

Estimation : 4 000/6 000
Adjudication : 15 000
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Description

SAINT-GELAIS (Octavien de). Sensuyt le Sejour Dhonneur compose par reverend père en dieu messire Octavien de sainct gelais Evesque dangoulesme. Nouvellement imprime a Paris. Paris, Veuve Jehan Trepperel et Jehan Jehannot, s.d. (1519 - 1520). Petit in-4, maroquin bleu, filets à froid au dos et sur les plats, dentelle intérieure, tranches dorées (Koehler). Troisième et dernière édition ancienne de ce très rare ouvrage poétique, l’opus magnum d’Octavien de Saint-Gelais et l’un des chefs-d’œuvre de la Grande Rhétorique. Issu d’une puissante famille noble du Poitou, Octavien, bien que destiné à l’état ecclésiastique, mena d’abord une vie de plaisirs à la cour de Charles d’Angoulême et de Louise de Savoie dans sa ville natale de Cognac, s’adonnant très tôt à la littérature. Ses vers galants ainsi que ses traductions de Virgile et d’Ovide lui vaudront bientôt une brillante réputation ainsi que la faveur du roi Charles VIII qui le nomme évêque d’Angoulême en 1494 - il a alors 26 ans - peut-être en récompense des éloges que le jeune poète vient de lui prodiguer dans son Séjour d’honneur, composé en 1491-92. Dans cet ouvrage, dans lequel on a pu voir une forme d’autobiographie avant l’heure, le poète se repens des excès de sa jeunesse, conte ses propres errances sous l’emprise de personnages allégoriques tels Sensualité, Fol Abus, Vaine Espérance, puis son repentir avec le concours de Raison. Il parviendra finalement à la cour (le Séjour) de Charles VIII représenté par la figure d’Honneur avant de trouver refuge en l’ermitage d’Entendement. Ce songe allégorique, qui relève de la tradition des pèlerinages initiatiques et n’est pas sans rappeler le Roman de la Rose, est remarquable par l’aisance du style et l’élégance du traitement. La forme adoptée, celle du prosimètre (mélange de vers et de prose), chère aux Grands Rhétoriqueurs et avant eux à Alain Chartier, devait permettre à l’auteur, grâce à ses deux niveaux de discours, d’articuler l’éloge du souverain Charles VIII avec le propos édifiant de la conversion au bien et la critique acerbe des mœurs curiales. L’œuvre n’est connue que par deux manuscrits (BNF) – dont l’un, richement enluminé vers 1510, pourrait être la copie d’un exemplaire de dédicace perdu offert à Charles VIII – et trois éditions, toutes très rares, dont la première fut imprimée pour Antoine Vérard, vers 1503. La présente édition, également sans date, fut, pense-t-on, imprimée en 1519 ou 1520, soit très peu de temps après la seconde de Vérard (1519) à laquelle les bibliographes donnent généralement priorité. Impression gothique avec le titre en rouge et noir enrichi d’une belle lettrine à décor floral. Quatre jolies figures sur bois dont une sur le titre. Très bel exemplaire, finement relié par Koehler. De la bibliothèque Edouard Rahir (2e vente, 1931, n° 664).

Acquis par Émile Rossignol en 1963.

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