Lot n° 48

[AMADIS de GAULE]. Les 24 livres et le Thrésor de tous les Amadis. Lyon, B. Rigaud, Didier, Cloquemin, Beraud, Tardif, Huguetan ; Chambéry, Poumar ; Paris, C. Rigaud, G. Robinot, 1575-1615. En tout vingt-trois volumes in-16 et trois volumes in-8,...

Estimation : 6 000 - 8 000
Enchérir sur
www.drouotdigital.com
Description
reliures du XVIIIe siècle en maroquin bleu, trois filets sur les plats, dos ornés à la grotesque. 6 000/8 000 € TRES RARE ENSEMBLE COMPLET DES 24 LIVRES DE L’AMADIS DE GAULE EN FRANÇAIS, EN EXCEPTIONNELLE CONDITION. La longue histoire éditoriale de ce célébrissime roman de chevalerie espagnol commence en 1508 avec la publication à Saragosse des quatre premiers livres de l’Amadis de Gaula, œuvre rédigée à la fin du siècle précédent par Garci Rodriguez de Montalvo (1450-vers 1505) sur la base d’un premier roman médiéval en trois livres remontant, pense-t-on, au début du XIVe siècle et dont seuls de minces fragments nous sont parvenus. Montalvo donnera encore un cinquième livre, Las Sargas de Esplandian, consacré aux exploits du fils d'Amadis, dont la plus ancienne édition connue est datée de 1510. Il y est question pour la première fois d’une île située à l’est des Indes et nommée Californie. L’œuvre influencera Cortès et les autres conquistadors espagnols à la recherche d’un nouvel El Dorado. Jouissant dans toute l’Europe d’un considérable succès, la saga d’Amadis et de ses descendants, dont la nouvelle mouture renouvelle en le modernisant le roman de chevalerie, sera enrichie par différents continuateurs espagnols (livres VI à XII - correspondant aux livres 1 à 14 de la version française - publiés entre 1510 et 1546), puis, entre 1558 et 1565, par l’Italien Mambrino Roseo da Fabriano (livres 15 à 20 de la version française donnée par Gabriel Chappuys). Les trois derniers livres, publiés en 1594 et 1595 à Francfort, sont l’œuvre d’un anonyme allemand ; traduits exclusivement en français – traduction également anonyme – ils seront publiés à Paris en 1615 au format in-8, enrichis d’un beau frontispice gravé. En France, le succès du roman fut amplifié par la remarquable traduction libre des huit premiers livres (livres I à IX espagnols) qu’en donna entre 1540 et 1548 au format in-folio Nicolas Herberay des Essarts. Cette version – ou adaptation – composée dans une langue élégante et fluide est considérée aujourd’hui comme l’un des premiers monuments de la prose française. Suivront, après la mort de des Essarts (1552) et toujours au format in-folio, les versions françaises des livres IX (traduction de Gilles Boileau publiée en 1551, revue par Claude Collet en 1553), X-XI (traduction de Jacques Gohory, 1552-53) et XII (traduction de Guillaume Aubert, 1556). Une quinzaine d’années s’écoulera avant la publication, en 1571 et 1574, des livres XIII et XIV (début et fin du livre XII espagnol) dans des traductions de Jacques Gohory et d’Antoine Tyron. Dès cette époque, c’est l’in-16, moins couteux, qui sert désormais de support. C’est donc égalementdans ce format que seront données à Lyon, chez différents libraires, de 1577 à 1582, les traductions de l’italien par Gabriel Chappuys des livres XV à XXI. Dans le même temps, et afin d’uniformiser l’ensemble, ces mêmes libraires s’emploieront à réimprimer en in-16 - et toujours par publications séparées - les quatorze premiers volumes de la saga. Les rares collections complètes du roman qui nous sont parvenues se trouvent ainsi presque toujours imprimées dans ce format (cf. Brunet I, 216). 3 000/4 000 €
Partager