Lot n° 171

1912. 10 Lettres Autographes Signées, 7 Cartes Postales et 1 Dessin colo-rié sur une page d'éphéméride.

Estimation : 500/600
Description
- Versailles, 14 juin 1912. C. P. rehaussée au crayon de couleurs (Temple de la Sibille à Rome) : « Madame la Déesse d’Egypte /.../ je viendrai lundi avec un crayon orange et c’est autant dire mon absurdité de vouloir apporter un rayon de soleil dans un logis tout illuminé de grâce et d’intelligence... ». - Versailles, 21 sept. 1912. C. P. « Chère princesse d’Orient /.../ je vous attends demain. Le temps est beau et je porte mes malaises avec la plus grande philosophie puisque le soleil luit... ». - S. l., 5 déc. 1912. C. P. « L’auto malade nous empêche d’aller chez Mad. de Béarn ». - Versailles, 14 juillet 12. L.A.S. 4 pp. in-8. Remerciements lyriques à propos d’un carnet de rendez-vous que lui a offert son ami. Il rapporte une jolie anecdote sur une robe de chambre « en gourgouran de Chine jaune à raies bleues » offerte par des dames à Diderot. - Chateau de Muret (Aisne), 29 juillet 1912. L.A.S. 4 pp. in-12 signée « Ferdinand, cidevant Eminence et à présent humble abbé, Hortensius ». Lettre accompagnant 2 dessins à ne pas montrer : « C’est une propriété avec une servitude que je vous offre », évoquant une anecdote savoureuse sur Jules Lemaître : « Depuis qu’Anne de Noailles et J. Cocteau ont entrainé Jules Lemaître chez les bistrots du 14 juillet, la France ne vit plus que pour le « scandale ». Lemaître en est très ennuyé /.../. Il avoue qu’il a été bien imprudent de se laisser mener au bal des lampions sur la Place de la République ce soir-là où l’on « fêtait la plus sinistre et la plus lamentable mascarade de la Révolution... ». ». - Versailles, 9 août 1912. C. P. « J’ai appris hier que Gœthe avait écrit 1600 lettres à Madame Stein en 10 ans. La plume m’en tombe des mains. Et pourtant sommes nous assez épistoles... ». - Paris, 11 sept. 1912. C. P. « Hortensius devant ce triste temps aime mieux rester chez soi que circuler... ». - Paris, 9 oct. 1912. L.A.S. 3 pp. in-12. F. B. remercie son ami pour l’Almanach des Demoiselles : « Il porte le millésime du temps dans lequel je n’eus pas été trop déplacé : 1819 ! /.../ La claustration dans les petits cabinets versaillais me déplaît. La maison est glaciale, les murs trop épais, les cheminées fument. Enfin c’est comme autrefois avec beaucoup de choses en moins ! ... ». - Versailles [oct. 1912 ? ]. L.A.S. 2 pp. in-12. « Les folies versaillaises continuent. Nolhac se croit responsable de ce nouveau Babel, Sodome et Gomorrhe qui naît sous nos pas... en attendant les gratte-ciels dont les mille yeux violeront l’auguste parc ! ». - Bois-Boudran, 10 nov. 1912. L.A.S. 3 pp. in-12. La lettre évoque une belle reliure et une journée J.-J. Rousseau. - S.l., jeudi 26 nov. 12. L.A.S. 1 p. in-12. F. B. évoque une soirée avec Tornaboconi, Jean-Jacques et la Ste Tunique. - Le Cannet, 9 déc. 12. C. P. [portrait de la Pompadour légendée La Pénélope de la frivolité ]. « Hortensius vous envoie ses dernières pensées avant son départ ». - Cannes, 12 déc. 1912. 8 pp. in-12. LONGUE ET BELLE LETTRE consacrée aux joies de la nature, du soleil et de sa nouvelle résidence au Cannet. « Le temps est paradisiaque. Il y a peu d’humains. Le ciel et la terre sont à peu de gens et ils se les partagent diversement. Mais en vérité ici le Ciel et la Terre ne font qu’un dans la joie du jour plein de cristal. » - Le Cannet, 18 déc. 1912. L.A.S. 12 pp. in-12. BELLE ET LONGUE LETTRE dans le plus pur style romantique écrite depuis sa « Lanterne de la Philosophie » à la « Princesse Amie » qui lui a confié le sentiment de son inutilité. - Le Cannet, 26 déc. 1912. L.A.S. 4 pp. in-12. Son amie lui a offert « un porte-plume translucide ». Il s’émer- veille : « couleur de souvenir, causeries sur les émaux, récits de rêves ! Tout y est contenu dans ces reflets d’or, d’ambre, de rouille, de marbre et de feuilles mouillées. » - Le Cannet, 30 déc. 1912. 4 pp. in-12. F. B. quitte Nice juste avant l’arrivée de son amie : « Nous ne nous ver- rons pas et comme nous nous détestons au fond tout va pour le mieux ». Il lui donne quelques conseils pour visiter la Riviera, salue l’année écoulée ainsi : « Elle passa en faisant le bien », et lui adresse le dernier feuillet de l’éphéméride, agrémenté d’un joli dessin d’une bougie qui se consume. - Voisin, s.d. [oct. 1912]. F. B. décrit un dîner mondain, réunissant tous les grands noms de France, des Russes, un Américain « qui n’a jamais lu un livre et qui dit avec fermeté que la vie ne vaut que par une jolie femme et belle dîner au tchampégné [sic]. Dans un cadre au grand salon l’on voit /.../ un Fragonard amoureux. Un vieux marquis qui porte une Lavallière démesurée et une jambe de bois court comme un lapin à côté d’une belle Comtesse américaine et lui dit qu’il l’aime. « Pouvez-vous seulement ? », demande-t-elle et lui de répon- dre : « On peut faire l’amour avec une seule jambe ». ». La fin de la lettre est consacrée aux documents sur le procès de Fouquet qu’il vient de consulter chez Hanotaux.
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