Lot n° 174

1914. 8 Lettres Autographes Signées et 2 Cartes Postales. – Roquebrune "L'Olivette", 27 janv. 1914. L.A.S. 4 pp. in-12. F. B. a quitté sa lanterne pour quelques jours. Il a passé une journée avec Anatole France au Cap d'Antibes .....

Estimation : 400/500
Description
- Roquebrune "L’Olivette", 27 janv. 1914. L.A.S. 4 pp. in-12. F. B. a quitté sa lanterne pour quelques jours. Il a passé une journée avec Anatole France au Cap d’Antibes. « Il était terré dans une petite chambre, couvert de laine et un turban roulé couvrait le haut de sa tête. Il avait l’air d’un Greco, vieux bibliophile de Tolède... ». - Le Cannet, 15 mars 1914. L.A.S. sur 3 cartes postales. « La Princesse lointaine » est en Afrique et il ne peut lui écrire. Il en a profité pour aider sa voisine de Grasse, Mad. de Croisset, dans la création d’un cloître de St François d’Assise sur sa terrasse « avec des fontaines, des escaliers, des patios ! Enfin j’ai tout chambardé, transformé /.../. La maîtresse du logis a bien voulu accepter mes idées si bouleversantes et si contraires à l’Idéal balnéaire ». - Le Cannet, 24 avril 14. C. P. annotée. « C’est bien long un hiver sans vous ! ». Il a commencé un travail sur la société pendant la Réforme « qui me passionne pour son modernisme et sa nervosité tourmentée et inquiète ». - Versailles, 24 juin [1914 ? ]. F. B. propose un rendez-vous. - Liebenstein, Thuringe, 29 juin 1914. C. P. F. B. souffre d’une bronchite mal guérie. - Liebenstein, 8 juillet 1914. L.A.S. 8 pp. in-8. F. B. séjourne dans cette station balnéaire de la Saxe pour soi- gner ses yeux dans un hôtel luxueux : « Hier soir /.../ à une table servie comme à la Cour, nous avions dans la même salle 47 officiers de l’Académie de guerre de Berlin /.../. Toutes nos belles grandes dames, les Anglaises, Russes et même Belges mirent dans leur sein des poignards - des petits couteaux à dessert - jurant que si ces odieux Prussiens se permettaient de mal parler de la France, ils trouveraient à qui parler... ». Un de ces « soudards tudesques » s’étant révélé bon muscien, « ces dames de l’Entente cordiale et de l’alliance sortirent alors leurs petits couteaux à fruit de leur sein, les soudards se firent présenter et une demi-heure après j’appelai Jacques E. Blanche qui est mon voisin de chambre, pour le faire assister à la trahison de la Russie, de l’Angleterre et même de la Belgique qui n’avait pas été la moins ardente à mépriser ces ignobles Reîtres d’Outre-Rhin... ». - Biarritz, 14 sept. 1914. L.A.S. 4 pp. in-8. Lettre essentiellement consacrée à la guerre à son début. « Ce que l’on vit en quinze jours nous semble plus que toute une existence /.../. Enfin à présent on respire. Les nouvelles sont excellentes et je recommence mentalement à partager l’Empire d’Allemagne. Je m’inquiète de vous tout en sachant que les Ulans ne sont pas venus parlementer devant la porte dorée du Parc Monceau avec le jeune guerrier grec /.../. Nous sommes avec les blessés, dans les blessés entourés de blessés /.../. Et je me sens un vieux Troubadour. Ce n’est pas le moment. En vérité on n’a plus de corps ni âme ni esprit ni souvenirs ni but ni bien ni rien. On n’a plus que la France collective... ». - Biarritz, 3 oct. 1914. L.A.S. 3 pp. in-8. Lettre également consacrée à la guerre. « Même à l’extrémité de la France c’est l’inondation des blessés venant directement du champ de bataille... ». Elle s’achève sur cette note d’espoir : « Ici Mad. de Chevigné retient une table à l’Hôtel Bristol de Berlin, pour le dîner avec le maréchal de Castelnau, la grande duchesse Wladimir et quelques amis arrivés de Paris pour l’entrée des Alliés. Que ce soit bientôt ! Amen. » - Tarbes, 22 oct. 1914. L.A.S. 4 pp. in-8. La guerre, toujours. « Cette contrée n’est plus qu’un camp où s’en- tassent les blessés, les prisonniers, les réfugiés d’autres camps retranchés avec douze cents Allemands civils vivant là pêle-mêle dans la captivité, pasteurs protestants, filles publiques, dames nobles, banquiers /.../. La nuit c’est une chose impressionnante qui nous reporte aux temps de la Révolution et de l’Empire. Les voitures arrêtées, les lanternes qui fouillent les visages, les baïonnettes qui brillent... ». - Tarbes, 9 nov. 1914. L.A.S. 4 pp. in-8. « Je suis ici depuis 20 jours, appelé par le Préfet /.../. Le sommeil m’a quitté depuis le 1 août et c’est l’agitation qui me soutient avec mes nerfs, le désir d’être un peu utile dans mon état d’invalide /.../. Ici dans ce centre lointain on voit des montagnes de misère comme on voit celles que l’or et l’ambre couvrent en ces ultimes journées. Au monastère de Garaison 1200 internes austro-allemands sont là dans un mélange de castes et de situations insensé. Fils de ministres et laveurs de vaisselles, filles publiques et vieilles dames nobles, chanteurs de la Cour de Bavière, ouvriers mineurs, tout ce monde couché dans la paille et mené comme les Batt d’Aff’... ». - Cannes, 19 déc. 1914. L.A.S. 4 pp. in-12. F. B. a rejoint Cannes, le préfet qu’il avait secondé étant mort brus- quement, malade et hospitalisé à la Villa Madrid.
Partager