Lot n° 194

1940. 2 LETTRES AUTOGRAPHES SIGNÉES. – Rimont (Ariège), 30 mai 1940. 2 pp. in-8. F. B. raconte à son amie la débâcle et sa fuite : « J'ai quitté le 18 mai Compiègne sous le bombardement, avec ma chemise sur le dos ! La gare, la ville étaient déjà atteintes. Mes amis Bockairy m'ont offert une place....

Estimation : 150/200
Description
- Rimont (Ariège), 30 mai 1940. 2 pp. in-8. F. B. raconte à son amie la débâcle et sa fuite : « J’ai quitté le 18 mai Compiègne sous le bombardement, avec ma chemise sur le dos ! La gare, la ville étaient déjà atteintes. Mes amis Bockairy m’ont offert une place dans leur auto déjà surchargée à craquer. Et en 6 jours d’une marche errante à travers la France, couchant n’importe où, sur la planche même, j’ai promené mes 81 ans dans l’Odyssée sans Circé indescriptible, à la recherche d’un pain, d’une boîte à sardines... Je suis à présent dans une ancienne gendarmerie, transformée par les parents d’un ami absent qui a eu la bonté de la mettre à notre disposition. Sans doute la démence motorisée des Allemands nous donne de graves soucis, mais je suis si per- suadé de leur usure que je garde l’espoir final /.../. Ruskin a dit en 1842 : « La machine tuera l’homme. » J’ai pris en horreur la machine, le ciel profané dont on espérait tout et qui vous envoit la mort ignoble et anonyme. J’ai vu aux dernières heures de mes fenêtres à Compiègne un combat aérien : des flocons gris dans un ciel radieux /.../. Me voilà tel Job. Mais je ne ferai pas Jérémie ». - Rimont (Ariège), 2 août 1940. 2 pp. in-12. « Je ne sais si vous avez regagné Paris où l’on m’écrit que les conditions alimentaires sont meilleures qu’ailleurs. Ici dans ce village de 120 habitants, 800 soldats vivent sur le peu qui reste /.../. Je travaille avec entrain comme si rien ne s’était passé ».
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